26/10/2013

Isabelle Chevalley et SIG: suite d'une cacade en trois questions pour un mauvais karma

Quand on lit ce qu'on lit (en page 3 de la Tribune de ce matin samedi, sous la plume de l'excellent Marc Moulin) et quand on sait ce qu'on sait sur les vrais honoraires d'Isabelle Chevalley, on se dit que c'était de la roupie de sansonnet en comparaison des largesses d'Ennova, une filiale de SIG, à l'égard de ses dirigeants. Ou encore de la talentueuse Lara Gut. Le tout avec de l'argent confisqué à la source à hauteur de la participation de SIG à des clients genevois captifs.

Juste une petite question mesquine au passage, et pour commencer: SIG a-t-il aussi payé les frais de leasing de la voiture à gaz, sauf erreur, de la passionaria du pied du Jura, qui sait tout, connait tout (par exemple les OGM mieux que le professeur Duboule) et parle de tout dans des médias complaisants, peut-être parce qu'ils sont eux aussi quasi-monopolistes et qu'ils sont faits par des journalistes majoritairement repus de politiquement correct ?

Savait-elle surtout que le potentiel énergétique des sites qu'elle avait retenus et fait proposer par SIG à Ennova, grâce à ses compétences stratosphériques, était nettement surestimé ? Ainsi de 9 des 14 éoliennes de Delémont (une ville gouvernée - c'est un hasard, certainement - par celui dont elle fut l'assistante parlementaire et qui la précéda à la tête de Suisse-Eole) qui gênent un radar de Météo-France et ne peuvent de ce fait être mis en service, pour autant qu'ils soient construits un jour, ou encore de 2 des 5 turbines de Saint-Brais frappés par une épidémie aviaire ... Certes, errare humanum est. Mais dans le cas d'Isabelle Chevalley, sa persévérance dans l'erreur tient du "diabolicum" ...

Autre question, plus importante: que faudra-t-il encore au bon peuple vaudois pour comprendre que cette brave vendeuse d'éolien (il n'y a pas de sot métier- d'autres essaient bien de proposer des idées basées sur des valeurs de rigueur et d'éthique) n'est au fond qu'une faiseuse, comme il y en a tant, des deux sexes, en affaires. Sauf que la conseillère nationale des Vers libéraux avait commencé par trahir le parti grâce auquel elle avait été élue pour assouvir ses ambitions dans une création de son fait. En comparaison Mauro Poggia ferait figure d'enfant de chœur (qu'il a peut-être été dans sa jeunesse !).

Mauvais karma, assurément, pour Isabelle ! Pour qui la vraie préoccupation, maintenant, devrait être de justifier de la qualité de son travail et de ses compétences, mises en cause par la firme anglaise - citée par la Tribune de Genève - en sa qualité d'auteur d'un des audits demandés par le president de SIG.

Gageons que l'on va trouver un député genevois, membre de la commission de l'énergie et des SI, qui à peine arrivé dans cette commission, posera la question de la restitution des honoraires d'Isabelle Chevalley pour la partie fantaisiste de ses "expertises" ! Et peut-être le même qui demandera des auditions par la commission de contrôle de gestion, où il va aussi siéger, des responsables de ce vent mauvais.

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25/10/2013

Du fendant pour le Père Noël !

A Rovaniemi, la ville du Père Noël, tout juste sur le 66 ème parallèle, manger une fondue avec une bouteille de fendant tient du chemin de croix. Même quand on est finlandais et qu'on connait tous les trucs !


Katri Kerola, responsable du marketing de la superbe salle de concert (http://www.korundi.fi/in-english/For-the-organiser/Rentin...de l'Orchestre de chambre de Rovaniemi, connu dans toute la Laponie - et même nominé par Gramophone, la plus fameuse, voire la plus ancienne revue de musique classique au monde - en a fait l'expérience. Elle vaut la peine d'être contée.  


Elle a tout d'abord essayé d'acheter du fendant au magasin Alko de sa ville, 60 000 habitants. En effet, Rovaniemi est aussi la capitale administrative de la Laponie, reconstruite (après sa destruction par les Allemands en 1944) en forme de bois de renne par Alvar Aalto, le célèbre architecte finlandais. Et Alko, c'est "le" magasin du monopole d'Etat où l'on peut acheter des vins. Mais à Rovaniemi, pas de chance, le stock de fendant était épuisé. 


Elle a donc fait effectuer une recherche par le big brother d'Alko. Résultat: à Oulu, à 194 kilomètres plus au sud, sur le golfe de Bothnie, il restait les deux dernières bouteilles de fendant de toute la Finlande. Les deux dernières, car pour quelque mystérieuse raison, Alko a décidé de stopper l'importation de ce nectar valaisan par excellence.


Et pourtant, dans le restaurant Monte-Rosa (dont je vois le sommet de mon balcon en ce moment!) du très accueillant hôtel City de Rovaniemi, on peut boire du vin autrichien. Serait-ce que les vignerons d'Outre-Aarlberg seraient plus efficaces pour commercialiser leurs vins à l'étranger ? Ou qu'ils en auraient plus besoin ? Car ils ne sont pas meilleurs. En tout cas pas pour Katri et pour moi.   


Katri se fit donc envoyer les deux flacons rarissimes à Rovaniemi. Elle ne m'a pas dit si la livraison avait été faite par des rennes... Pour la modique somme de 18 euros par bouteille pour sentir le soleil du Valais dans son palais. Et manger sa fondue. 


Il faut dire que Katri n'est pas n'importe quelle finlandaise. Elle a fait un stage à Genève, quand elle était étudiante, où elle a appris un bon français qu'elle n'écrit malheureusement pas, comme en témoignent les lignes suivantes où elle dit son rêve de Cornalin: 



"The fabulous Cornalin I guess you can only get from CH, that’s why I enjoy it when I have the occasion to visit your beautiful country. The white vines from your region are also very nice, unfortunately I cannot remember the names of the Lac Leman vines".




M'annonçant une reprise des vols directs Zurich-Rovaniemi dès cet hiver (grâce à l'agence Kontiki), je me prends à espérer que je pourrais y retourner pour y voir les aurores boréales visibles une nuit sur deux, qu'on se le dise !  Le nombre de Suisses tentés par la nature lapone est en effet important, et pas fait seulement d'essayeurs de pneus d'hiver !


Une dernière raison d'aller à Rovaniemi: c'est là-bas que sont fabriqués à la main les très beaux vêtements en peaux de renne et fourrure de loup de Duohtavuohta (ce qui veut dire "vérité" en langue inuit, traduit par "pravda" en Carélie russe voisine...). Des vêtements qui sont aussi disponibles à Genève ou à Zermatt. Avis aux amateurs !

Rovaniemi n'est donc pas que la ville du père Noël qui y reçoit pourtant, en sa résidence officielle d'hiver, quelque 500 000 lettres (38 000 par jour en période de pointe) avec la simple adresse "Père Noël, Finlande". On raconte qu'il aurait une résidence officieuse dans le sud de la Suède. Ce qui est loin d'être certain, car il ne me l'a pas confirmé.


Et à toutes les lettres une réponse est donnée ! L'idéal serait qu'il puisse y joindre une pub pour du fendant...





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11/10/2013

Le "pirate" suisse de Greenwar mérite punition sévère et grâce partielle

A 400 kilomètres au nord de Rovaniemi (et 10 heures de bus), la ville du Père Noël, se trouve Mourmansk, capitale de l'arctique russe. Et à Mourmansk croupit dans une geôle un Suisse depuis le 19 septembre 2013. Son méfait: "piraterie en bande organisée", selon l'article 227 du Code criminel russe, pour avoir tenté d'escalader, avec une trentaine de ses amis de Greenpeace, dont 4 Russes, une plateforme pétrolière en mer de Barents depuis un bateau battant pavillon néerlandais. Mourmansk, 300 000 habitants, la plus grande ville à l'intérieur du Cercle polaire, avant Anchorage et Reykjavik, ses immeubles soviétiques souriants et ses prisons glaciales, tout un programme. Brrrrr !!!

Marco Weber, un charpentier et activiste bernois, y risque jusqu'à 15 ans de prison. Pas parce qu'il est suisse. Mais parce qu'il a violé la loi russe. Déjà trois de ses camarades d'infortune se sont vus refuser une remise en liberté. Il est depuis ce vendredi 11 octobre formellement inculpé, comme la moitié de ses amis.

On ne sait pas quand se tiendra son procès. Mais on sait la justice russe intraitable. Les "pussy riots" ont fait l'amère expérience des conséquences du blasphème dans un État qui est redevenu religieux. Malgré des protestations internationales et une grève de la faim, l'exécution des peines infligées va de l'avant. Sans sortie accompagnée.

Pourtant, son sort pourrait ne pas être dramatique, grâce à son père, aux autorités suisses, aux manifs et à Poutine.

Son père, membre lui aussi de cett'ONG connue pour ses provocations, ne tarit pas d'éloges sur son action: il a "un coeur de battant". D'ailleurs, il l'a aussi béni. Comme on le faisait au Moyen-Âge de ceux qui partaient pour la Crioisade devant libérer Jérusalem des infidèles. Celai lui a peut-être évité, depuis 4 ans qu'il navigue sur l'Arctic Sunrise, de s'être fait arrêter, qui sait ?

Selon les autorités consulaires suisses, qui lui ont remis des habits adéquats -espérons pour lui que le paquet-cadeau ait inclus une veste chaude de la marque islandaise "66 North Clothing"- et des journaux de la mère-patrie, sa santé physique serait bonne. En revanche, le représentant suisse n'a pu se prononcer sur son moral. Une dépêche parle d'état mental inconnu, comme s'il fallait être fou pour faire ce qu'il a fait.

Des manifs ont déjà été organisées dans une cinquantaine de pays pour obtenir la libération des "pirates" de Greenpeace. En Occident, la réaction russe passe pour disproportionnée. C'est d'ailleurs l'opinion officielle des Canadiens et des Australiens dont des ressortissants font aussi partie de la liste des compagnons d'infortune de Marco Weber. Quant aux Néerlandais, ils ont initié une procédure d'arbitrage pour récupérer le bateau portant leur drapeau. un bateau arraisonné par un commando de garde-frontières russes, puis remorqué jusqu'au grand port de Mourmansk.

Pour l'ONG, ces arrestations sont du pain béni, car elles donnent à sa provocation une visibilité internationale inespérée. Ou calculée, les membres de l'équipage de l'"Arctic Sunrise" étant au fond l'équivalent fonctionnel des boucliers humains du Hamas, de la chair à canon envoyée en premievère ligne que l'organisation sacrifie pour que l'on parle d'elle.

Par la bouche de son porte-parole, le président Poutine doute qu'il soit un pirate, lui comme ses codétenus. Tout en ajoutant perfidement n'être "ni un enquêteur, ni un procureur, ni un juge, ni un avocat". Juste un bourreau ? Nul doute qu'au moment où il pourra entrer en scène, comme détenteur du pouvoir régalien de la grâce, il pensera aussi au fait que la mer de Barents, infestée d'excellents King Crabs depuis leur introduction par les savants fous de l'ère soviétique -un délicieux produit que l'on achetait à la Migros dans les annees soixante-dix sous le nom de Chatka- recèle 51000 milliards de mètres cubes de gaz naturel, le quart des réserves mondiales actuelles, outre 80 millions de barils d'or noir. Peut-être aussi que son degré bien connu de tolérance bienveillante sera affecté par les révélations les plus récentes de la police russe qui prétend avoir trouvé à bord du bateau des "stupéfiants" et autres "équipements suspects".

Pour l'heure, malgré Amnesty International qui est dans son rôle en envoyant une protestation ainsi que le violoniste Gidon Kremer (20 Minutes du 9 octobre), le pouvoir russe envoie en asile psychiatrique Mikhail Kossenko, un homme légèrement schizophrène selon ses médecins, accusé d'avoir porté un coup de pied à un policier lors d'une manif. Une peccadille en comparaison de l'acte de "piraterie en bande organisée". Une peccadille qui réveille de fâcheux souvenirs et ne laisse d'inquiéter pour le sort de l'intrépide Bernois, en fait surtout imprudent, mais conscient de l'être. Selon un mail transmis au Matin dimanche de ce 13 octobre, il est en train découvrir la sévérité du régime carcéral russe. Son père aussi !   

Bref, cette affaire pose en toute lumière les limites aux provocations dont Greenwar est coutumière. Ce qui est toléré, tant le laxisme est grand, dans nos démocraties -cela fait leur charme comme cela signe leur faiblesse- ne l'est pas ailleurs dans le monde. Un chewing-gum jeté et même mâché, depuis 1992, peut coûter cher à Singapour, où son importation est interdite, sauf pour raison thérapeutique. Sans même évoquer la détention de drogues qui peut y valoir la prison à perpétuité voire la peine de mort, pour prendre un exemple asiatique d'une république démocratique quoiqu'un brin autoritaire. Et les adeptes de la charria en connaissent les rigueurs sur les autres, notamment en Afghanistan.

Et puis, quelle que soit la condamnation -que l'on espère exemplaire- de ces pirates des temps modernes, et quelle que soit la grâce, que l'on souhaite au mieux partielle, que le nouveau Tsar leur octroiera, Marco Weber pourra toujours se dire qu'il l'a échappé belle: du temps béni de l'Union soviétique, la déportations au goulag aurait été garantie. Le progrès du genre humain est en marche, rien ne l'arrêtera.

Mais pourquoi distinguer entre bons et mauvais pirates, comme on le fait plus ou moins artificiellement pour le cholestérol ? Probablement pour éviter de voir que Greenpeace n'est que Greenwar, une organisation orwellienne. L'absence de violence, de morts de cette action -ce qui distingue l'"Arctic Sunrise" du "Navi Marmara"-, les buts poursuivis -sauver l'écosystème de la mer de Barents et non se transformer en supplétifs du Hamas- n'excusent pas la violation des lois des pays où l'on se rend. Sans y être ni invité, ni même désiré. On se prend à espérer plus de prudence de la part des croisés de la secte Greenpeace. Tout est possible !

Mais on est vite déçu par la réaction de la porte-parole de Greenpeace à l'annonce de l'inculpation de Marco Weber. Son "ne nous laissons pas intimider - continuons le combat ! - a comme un relent de slogan soixante-huitard. Au fond, comment mieux dire que ce militantisme date, comme la piraterie, on a affaire à un type d'action d'un autre âge.


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04/10/2013

SIG: une vocation enrichissante à (quasi) plein temps pour Isabelle Chevalley

Scoop (et bingo !) : deux cent quatre-vingt neuf mille francs (289 000 F) entre 2008 et 2013 (en réalité 2012). Voilà le montant perçu par l'experte Isabelle Chevalley pour les mandats que lui avait attribués SIG, en fait André Hurter et sa garde rapprochée, selon les calculs précis et officiels du Conseil d'Etat communiqués ce jour aux députés genevois et disponibles sur le site internet de l'Etat, en réponse à ma question écrite du 28 juin 2013 (http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/Q03726A.pdf).

Le gouvernement genevois précise (cruellement ?) dans sa réponse que les mandats d'Isabelle Chevalley ont consisté en "une assistance sur les dossiers éoliens, (aujourd'hui pour le moins redimensionnés, à la suite de la démission encore toute chaude du directeur général et de l'enquête administrative lancée contre deux membres de sa direction), l'analyse des plans directeurs cantonaux, la recherche de nouvelles opportunités de création de parcs (d'éoliennes), l'identification d'opportunités d'affaires, de contacts exploratoires avec les collectivités publiques et les entreprises privées, l'élaboration d'argumentaires sur l'éolien, ainsi que la responsabilité de projets de mini-hydraulique. Elle a par ailleurs reçu le mandat de coordination du fonds COGENER (http://www.sig-ge.ch/clients/particuliers/les-energies/mon-electricite/les-produits-electricite-sig/sig-vitale-vert/fonds-sig-ner) qui est un fonds des SIG consacré aux NER (nouvelles énergies renouvelables)".

Le moins que l'on puisse dire, après lecture de cette énumération longue comme un jour sans pain (bio), est que les objectifs visés n'ont pas été atteints, subsidiairement que le rapport coût/bénéfice des mandats de l'experte du pied du Jura tend vers zéro ! En langage de l'homme et de la femme de la rue, surtout quand il est contribuable à Genève et client quasi captif des SIG, cela s'appelle jeter l'argent par les fenêtres !

C'est du reste la conclusion qu'en tire aussi le gouvernement quand il ajoute noir sur blanc dans sa réponse à ma question : "Bien que les effets de ses activités de lobbying soient difficilement mesurables, Mme Chevalley était censée apporter un soutien aux SIG, notamment politique, au travers de ses différentes fonctions et comme élue fédérale". "Était censée", une litote !

"Après un examen circonstancié de la part du président du conseil d'administration, sur injonction du département de tutelle en début d'année, il a été décidé de mettre un terme à cette pratique de mandats de lobbyings en général, et de terminer tous les contrats existants dans le cas particulier de Mme Chevalley". Si ce n'est pas une oraison, je ne sais pas comment définir ce verdict définitif, expression d'une volonté sans faille et sans pitié.

Je laisse par ailleurs le lecteur calculer le temps consacré par Isabelle Chevalley de 2008 à 2012 à ses mandats pour SIG, sachant que ses exigences horaires ne s'élèvent, selon ses dires, qu'à 85 francs, en prenant bien entendu en considération que depuis 2011, elle est aussi conseillère nationale, une occupation à mi-temps au minimum.

Dans une note ultérieure, soucieux de laisser Isabelle Chevalley réagir à ces révélations exclusives, je reviendrai sur les montants journaliers qu'Isabelle Chevalley exige réellement. Et l'on verra que la générosité associative feinte de ce docteur... en chimie (et pas en "gestion de l'énergie et développement durable" - http://developpement-durable.epfl.ch/bama) n'est qu'une... feinte pour cacher les effets d'une potion purgative de sa concoction qui aurait enchanté Molière...

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03/10/2013

La DGM traite par dessus la jambe les communes de la Champagne et leurs bus

Parfois, le local peut renvoyer à l'universel. Ainsi du dédain des Grands de ce monde pour les petits, la Suisse en sait quelque chose. Il en va de même dans notre canton entre le centre et sa périphérie. Vous trouverez ainsi ci-dessous le relais donné à un problème rencontré par la commune de Laconnex à la suite de la modification de la ligne K et L, par le biais d'une question écrite urgente déposée ce jour au Gerand Conseil et posée à la cheffe du DIME avant le verdict de dimanche !

Cette question urgente concerne l'absence de considération voire le mépris dans lequel sont tenues les petites communes de la Champagne, in casu, par le DIME, et pour lui la DGM, comme on dit dans les formules administratives françaises. Cela ne peut, ni ne doit plus durer ! 

Dans un courrier du 16 septembre 2013 adressé à la mairie de Laconnex, la conseillère d’Etat responsable du DIME informe le maire de cette commune de la Champagne des modifications apportées aux trajets aux lignes K & L en réponse « aux vœux de nombreux usagers » et « à la demande des autorités de la commune de Bernex, en précisant que « la desserte du Cycle du Vuillonnex est maintenue », et subsidiairement que « la liaison avec le centre de Bernex sera toujours possible moyennant un transbordement sur les lignes 42 et 47 à Bernex-Place ». Et d’ajouter que la DGM « reste à votre disposition en cas de questions ou demandes de précisions ».

Par courrier du 3 octobre 2013, le maire de la commune de Laconnex se dit tout d’abord, à la forme, « surpris du caractère unilatéral de ces décisions de changement sur notre unique ligne de transport public, puisque vous (la conseillère d’Etat) pas jugé utile de consulter les mairies concernées. Pourtant nous aurions eu à cœur de compléter les informations des TPG quant aux usages constatés de notre ligne ».

Et d’ajouter, quant au fond, « mettre en doute l’analyse faite au paragraphe trois de votre lettre mentionnant que « la desserte ne remplissait pas la mission de rabattement attendu » à travers Bernex. La réalité est tout autre puisque notre bus L est quotidiennement très fréquenté par les usagers qui y montent depuis les arrêts entre Vailly et Bernex-Place. Il semble donc que son passage est un complément utile à la navette 47 ».

A titre personnel, j’ajoute l’avoir aussi constaté ce printemps, alors que j’étais obligé d’utiliser les transports publics pour me rendre régulièrement aux HUG.

Il en découle, comme le relève encore le maire de Laconnex, que l’accès direct aux commerces et services administratifs de la commune qui fait office, à mes yeux, de chef-lieu de la Champagne, sera rendu plus compliqué. Est-ce là une façon de favoriser l’usage volontaire des TPG ou ceux-ci ne comptent-ils que sur des publics captifs pour remplir leurs véhicules ? Je crains que la réponse ne soit positive que pour la seconde question.

Mais il y a plus grave, qui concerne les écoliers de notre région : « au vu du nouveau tracé retenu via la route de Chancy entre le giratoire de Laconnex et celui d’Aire-la-Ville, il est à prévoir que l’encombrement quotidien de ce secteur aux heures des pendulaires (entre dix à quinze minutes de bouchon sur ce parcours) retardera à coup sûr l’arrivée du bus, notamment pour les élèves fréquentant le cycle d’orientation du Vuillonnex et le Collège de Saussure, ce qui, vous en conviendrez, est inacceptable ».

Inacceptable, certainement, mais pas inconcevable semble-t-il, pour la DGM qui n’en est pas à une mesure contestée près ! La condamnation du Pont-Wilsdorf à n’être qu’un objet d’art en est un autre exemple coûteux.

« Les parents de ces élèves se plaignent déjà régulièrement que leurs enfants sont notés en arrivée tardive à cause des retards du bus (idem d’ailleurs pour le bus scolaire ».

Cette remarque du maire de Laconnex m’amène à suggérer à la DGM de transformer les bulletins scolaires en indicateurs de ponctualité matinale pour les TPG dans la Champagne. On y verra d’année en année les effets catastrophiques des modifications de la voirie de notre région, à séparer de celui de l’augmentation de sa population. Et à demander si cet élément a été pris en compte dans des discussions transversales menées avec le DIP, pour autant qu’elle aient eu lieu, ce qui serait aussi intéressant de savoir.

Le maire de Laconnex souhaite in fine pouvoir « répondre aux inquiétudes exprimées par nos habitants ».

Ayant interpellé la conseillère d’Etat sur ce problème en commission des finances, je me suis vu répondre que le changement avait été fait à la suite d’une pétition des élèves et d’une demande de Bernex, et que les communes concernées avaient été consultées.

Le Conseil d’Etat peut-il être plus spécifique que la responsable actuelle du DIME sur

a)       Le côté formel de la consultation à laquelle fait allusion le DIME;

b)       Les réponses apportées à la consultation par les communes concernées de la Champagne autres que Bernex ;

c)       La teneur et le nombre de signatures de cette pétition remise par des élèves qui, apparemment, a été préférée à l’écoute des élus (pétition qui, à ma connaissance, n’a pas fait l’objet d’une étude à la commission des pétitions) ;

d)       Plus généralement, sur la préférence donnée à ce qui semble être un exemple de « démocratie participative » préférée par le Département de l’intérieur, et donc des communes, à la prise en compte des représentants élus de la population de la Champagne.

 

L’ensemble de ces éléments devrait permettre au Conseil d’Etat de répondre de façon circonstanciée à la question posée. Peut-être en proposant aux TPG une routine, comme on disait en informatique, pour repousser d’année en année, l’heure du début des classes, les élèves étant apparemment peu aptes à suivre les cours le matin, selon une déclaration (probablement) humoristique, quoique d’un goût incertain. 

 

Qu’il en soit remercié, au nom des usagers volontaires et involontaires des transports publics et privés d’une région singulièrement négligée par le DIME, car on préfère y construire des pistes cyclables inutilisées plutôt que d’investir dans le contournement des villages traversés par les flux de véhicules des frontaliers nécessaires et bienvenus pour le bien-être de notre canton, et on oublie la promesse d’augmenter la fréquence du tram 14 au profit d’une commune parlant plus fort. Un bon bilan, assurément !

 

 

 

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01/10/2013

Le voile et la burqa: distinguons les débats !

Le voile et la burka sont les vedettes médiatiques de l’été, et pas seulement en Suisse. Le Québec et l’Angleterre communautaristes comme la France laïque, placardant sa Charte de la laïcité à l’école, sont aussi touchés. Les disputationes causées par l’islamisme se succèdent dans nos démocraties.

En Suisse, le Tribunal fédéral a ouvert le bal le 11 juillet ; le peuple tessinois l’a suspendu ce 22 septembre en plébiscitant l’interdiction de dissimuler son visage dans l’espace public, dans les faits : de porter la burqa ; la reprise de la valse prendra la forme d’une initiative populaire fédérale dont la date de lancement est inconnue, même si ses porteurs ont déjà fourbi leurs armes avec l’initiative anti-minarets. Les femmes du PS se réveillent enfin et veulent entrer dans la danse en punissant par une norme pénale les maris qui imposent la burqa. Bref, la question de l’islamisme s’est invitée dans les foyers helvétiques. Et pas seulement pour un été.

Tout a commencé par une décision du Tribunal fédéral (TF). Une commune scolaire thurgovienne entendait interdire le port du voile islamique dans ses écoles. Un avocat et conseiller national vert s’y est opposé. Le TF a tranché. Ses considérants viennent d’être publiés.

Ils n’ont guère suscité l’intérêt des médias. On peut les comprendre. Les juges ne s’y prononcent que sur la question de la base légale de la décision de Bürglen. Soit sur la première des conditions cumulatives de l’article 36 de la Constitution traitant de la restriction des droits fondamentaux ; ils laissent ainsi ouverte la question de savoir si la mesure peut être jugée d’intérêt public (deuxième condition) et proportionnée (troisième condition, la plus sensible). Une réponse ne sera possible que si une loi cantonale amène le TF à se prononcer sur le fond.

Il n’est pas exclu que ladite loi soit genevoise. Les membres du PLR seront en effet invités, à l’occasion d’Assises consacrées à l’école, prévues pour le début de 2014, à se prononcer sur le projet de loi que j’ai élaboré dans la foulée immédiate de la décision du TF. L’issue du débat reste ouverte. Par ce projet, il s’agissait de couper l’herbe sous les pieds aux promoteurs de la voie de l’initiative populaire. Ailleurs, d’autres la proposent déjà, en Thurgovie et à Saint-Gall, peut-être en Valais. Mais, comme avait conclu avec sagesse dans ces colonnes le 30 septembre 2010 le professeur Etienne Grisel, mieux vaut débattre, et vite, au Parlement que dans la rue : « Si les autorités élues restent inactives, on peut craindre une nouvelle demande populaire qui ne serait pas équilibrée ».

Mon projet, presque aussi rapidement critiqué voire déformé - le voile islamique aurait été seul visé - qu’il a été présenté, vise à interdire jusqu’au terme de l’école obligatoire publique, et ceci dans le cadre des activités scolaires, le port des signes religieux ostentatoires, sans la moindre discrimination entre religions. Avec l’interdiction du voile qui est aussi concerné, il s’agit d’abord d’une volonté de protection des jeunes filles. Voulons-nous accepter leur stigmatisation ?

Ce projet trouve son fondement dans le rappel de valeurs essentielles : le respect et la dignité de la femme, la liberté religieuse, qui ne peut - pas plus que d’autres libertés - être illimitée, de même que l’égalité entre les sexes, comme entre adolescentes - les voilées et les autres - sont ainsi convoqués au banc des témoins. Car il en va in fine de l’intégration sociale de populations étrangères. La cause a pour nom universalisme des valeurs, elle s’oppose à la « tolérance indistincte », comme l’a nommée Elisabeth Badinter, qui débouche sur le communautarisme. Dont il serait angélique d’oublier qu’il a pour effet pervers le rejet indistinct de tous les musulmans.

Cela explique probablement la raison pour laquelle la Licra France s’est prononcée en faveur de l’introduction de cette interdiction dans les écoles françaises, en 2004. Et vient d’endosser, à la majorité relative de son dernier Conseil fédéral, le projet gouvernemental d’interdire le voile islamique à l’université. Un projet qui serait quasi hérétique en Helvétie, car l’université est fréquentée par des adultes.

Le moment venu, il sera temps de répondre aux craintes que suscite mon projet de loi. Mais il n’est pas impertinent de souligner que le peuple a priori est dans sa très grande majorité pour cette interdiction. Un sondage ouvert par la Tribune de Genève à ses lecteurs a ainsi donné un résultat de 82% des 4000 participants en sa faveur. Ce score est fort proche de ce que l’on observe en France où cette mesure recueille l’appui de neuf Français sur dix, et encore plus au sein de l’UMP. La question politique est de savoir qui est prêt à abandonner cet élan populaire à des forces dites populistes. Et à en payer un prix qui ne cessera de monter.

Les « étranges lucarnes » n’ont en effet cessé de mettre en évidence, toujours cet été, les excès auxquels conduit toute religion portée à son incandescence par des fanatiques. Actuellement, c’est l’islam revu et corrigé par des fous d’Allah. La guerre de 40 ans voire de 100 ans entre extrémistes catholiques et protestants en Irlande du Nord - avec la paix signée en 2007 - est largement oubliée.

Depuis le 11 septembre 2001, la violence vient indéniablement de l’islamisme. Les Frères musulmans, bien représentés à Genève, sont en cette année 2013 les destructeurs de plus de 80 églises coptes, en plus que des libertés et du bien-être du peuple égyptien. Le massacre commis à Nairobi par des shebabs n’était, selon leur chef somalien, qu’un « avertissement » donné aux Occidentaux et au Kenya. Ajoutons-y le changement d’orientation de la guerre civile syrienne qui vire de plus en plus à la guerre inter-religieuse, et les tueries de chrétiens au Pakistan et au Nigeria.

Ce contexte doit être pris en considération pour expliquer le rejet par le peuple de manifestations d’identité prises à raison pour un refus d’intégration. Ainsi de la burqa inacceptable pour tout démocrate, car elle signifie la négation de la personne, murée dans sa prison d’habits ; quant au hijab, il est pour moi une image de la mort. Mais peut-on interdire un enfermement volontaire d’adultes dotés de leur libre-arbitre ? Poser la question, c’est y répondre. Pour certains, d’ici à l’automne 2015, date des prochaines élections fédérales.

(Article paru Le Temps du 1er octobre 2013)

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