29/11/2013

Ignorance de la norme pénale sur l'antisémitisme

Sauf s'il ignore le sujet, Jean-François Mabut se trompe en écrivant que "Le fait que quelques élus genevois excités titillent à l'occasion les veilleurs locaux de l'antisémitisme n'a pas valeur de référence. La Licra fait son boulot, elle n'a pas vocation à imposer sa pensée à toute la société".

La Licra n'impose pas sa pensée à toute la société. Elle demande simplement que la loi soit respectée par les membres de la société. Notamment l'article 261 bis du code pénal sur l'antisémitisme. Mais il est vrai que certains en contestent l'existence.

Faut-il désormais penser que Monsieur Mabut en fait partie ?

Pour ceux qui ignorent notre droit, la voici:

Antisémitisme

Article 261 bis du Code Pénal Suisse:

- Celui qui, publiquement, aura incité à la haine ou à la discrimination envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse ;

- celui qui, publiquement, aura propagé une idéologie visant à rabaisser ou à dénigrer de façon systématique les membres d'une race, d'une ethnie ou d'une religion ;

- celui qui, dans le même dessein, aura organisé ou encouragé des actions de propagande ou y aura pris part ;

- celui qui aura publiquement, par la parole, l'écriture, l'image, le geste, par des voies de fait ou de toute autre manière, abaissé ou discriminé d'une façon qui porte atteinte à la dignité humaine une personne ou un groupe de personnes en raison de leur race, de leur appartenance ethnique ou de leur religion ou qui, pour la même raison, niera, minimisera grossièrement ou cherchera à justifier un génocide ou d'autres crimes contre l'humanité ;

- celui qui aura refusé à une personne ou à un groupe de personnes, en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse, une prestation destinée à l'usage public, sera puni de l'emprisonnement ou de l'amende.

À bon lecteur !

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27/11/2013

Réponse à Jean-François Mabut qui a des problèmes d'ouïe et ne distingue pas la voie (sic !) du patronat et la voix de la LICRA

Voici ma réaction suscitée par la dernière note du blog Vu du Salève.

Cher Jean - Francois Mabut,

C'est vous qui avez un problème de géométrie où tout se confond à l'infini. Tout n'est pas dans tout. Mais en ajoutant encore la question de ma lutte pour un budget équilibré l'an passé, les mauvais résultats du PLR et le fait que j'habite Soral, vous le donnez à penser.

Vous connaissant, je n'ose penser que vous soutenez ou tolérez les propos du MCG.. Ni que vous voulez discréditer mon action de gardien de l'antiracisme, où je suis fidèle à ma mission. Je vous laisse la liberté évidemment d'avoir une appréciation différente que la mienne de la prose du MCG, mais vous noterez que je n'ai nulle part cité M. Stauffer.

J'agis en tant que président de la Licra Genève face à M. Rappaz. Et je ne dépose pas une plainte pénale contre le MCG. Vous feriez mieux de me contacter avant d'écrire n'importe quoi.

Je vous demande formellement de changer dès réception de cette réaction votre titre.dans la mesure où ces questions ne sont en rien liées à mes activités professionnelles. Souhaitez-vous un monde d'hommes unidimensionnels, sans activités associatives publiques, sans réaction face à des propos inqualifiables ? Vous êtes bien mal placé pour ce faire, en écrivant du pied du Salève en plus de votre autre blog professionnel.

Je m'étonne au passage de ne pas vous voir vous insurger contre les propos de M. Menoud sur FB qui évoque la carbonisation d'Israel.

Quant à mes prétendues erreurs de mon édito d'Entreprise romande, je signale à l'expert Mabut que ne pas avoir mentionné le rôle du tunnel du Mont Cenis pour transporter le fret n'est pas une erreur. Et que la question d'une ligne ferroviaire rapide sur le plateau sera un point sur lequel je me prononcerai en rapport avec le vote sur le fonds ferroviaire.

À disposition pour en parler, une tasse de tisane à la main qui soigne aussi les yeux !

Pierre Weiss
Député, président de Suisse-Israel, président de la LiCRA, habitant de Soral, directeur à la FER et convalescent.




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22/11/2013

Corridors ferroviaires : La Suisse a quasi terminé. L’UE s’y met enfin !

Les travaux européens des Hercules ferroviaires arrivent quasiment à leur terme en Suisse. Ils ne font que débuter dans l’Union européenne, et notamment entre la France et l’Italie qui ont ratifié le 20.11. 2013 un Accord historique (Le Figaro) pour la construction à l’horizon 2028 (décidée en 2001 !) d’un tunnel ferroviaire à 26 milliards d’euros reliant Lyon à Turin.

Intégrés les uns aux autres, ils donneront à l’Europe de 2050 un espace commun d’infrastructures de transport. Et l’UE d’engager ses membres pour une dépense de 250 milliards d’euros pour la période 2014-2020, demain ! Un espace dont elle aura besoin pour s’affirmer face à ses concurrents, de la Chine, tissant sur son empire un réseau de TGV, à l’Amérique centrale, rêvant d’un doublement, au minimum, du canal de Panama.

Un compliment pour le bon élève d’abord. Les NLFA, décidées par le peuple suisse en 1998 pour un coût de 12,2 milliards de francs, avancent… comme sur des rails, selon Le Temps du 30 avril 2013. Le Lötschberg (4,2 milliards) est en exploitation depuis 2007. L’ouverture du Gothard (12,4 milliards) est à bout de tunnel touchant (décembre 2016) ; seul le tunnel complémentaire du Ceneri accuse un peu de retard. La facture totale prévisionnelle, selon les chiffres de 2012 (18,7 milliards, soit + 53%), est même en léger recul (-72 millions), grâce à des chiffres stables depuis 2007. Qui dit mieux?

De son côté, l’Union européenne qui vient de décider d’investir d’ici à 2020 (EUROPA: communiqué de presse) mille milliards d’euros (et pas de sabords…), a compris l’enjeu stratégique pour elle que sont les transports (Parlement européen: budget 2014-2020).  D’ici à 2020, elle consacrera 26 milliards d’euros (EUROPA: Commission Européenne) en leur faveur, soit le dixième environ du montant total de la facture pour ses membres.

Elle offrira alors une inter-connection entre, d’une part, un réseau ferroviaire fait de neuf corridors (avec la traversée de la Suisse mentionnée, ouf ! - voir carte) totalisant 15 000 kilomètres de voie ferrée à très grande vitesse et, d’autre part, 94 de ses principaux ports ainsi que 38 aéroports figurant parmi les plus grands du continent (EUROPA: Commission Européenne).

Un seul commentaire pour l’UE : c’était le moment. Et un seul regret pour la Suisse : d’en être restée à des trains circulant à la même vitesse qu’au XIXème siècle, alors que le Swissmetro aurait pu être au train suisse ce que Solar impulse est à l’avion!  

(Editorial paru sans la carte dans Entreprise Romande du 22.11.2013) 

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06/11/2013

Mauro Poggia, le dénonciateur dénoncé par la CICAD

Le texte qui suit est un communiqué de presse de la Cicad paru le 25 octobre 2013 sur son site (www.cicad.ch). Malheureusement, aucun media ne l'a repris. Hypothèse: l'incertitude électorale en inquiète plus d'un, et les médias peuvent craindre sinon des représailles, du moins de la mauvaise humeur d'un possible vainqueur du scrutin de dimanche. Alors motus et bouche cousue. Je dirais même plus: botus et mouche cousue....

Il est toutefois intéressant car révélateur d'un mode étonnant de faire de la politique que semble affectionner Mauro Poggia. Par insinuation. Par sous-entendu. Par amalgame. Par absence de vérification de ses affirmations. Comme celle, dans l'Illustré, concernant mon prétendu judaisme.

Je n'entends pas entrer ici dans un coming out religieux, faisant plonger le lecteur de cette note dans l'histoire d'une famille venue d'Alsace en Suisse après la Guerre de 1870. L'Ordre professionnel, ancêtre d'Entreprise romande, l'avait fait jadis en interviewant mon grand-père, alors directeur (on ne disait pas général) de Sodeco, une fabrique de compteurs électriques ayant appartenu au groupe zougois aujourd'hui disparu Landis & Gyr qui se trouvait au Grand-Pré.

Je laisse le lecteur curieux fouiller dans les archives de l'ex-BPU pour en savoir plus sur notre saga familiale. Peut-être remontera-t-il plus loin dans le temps et s'intéressera-t-il aux lois de Vichy pour calculer des fractions. Une chose est certaine: ma mère est suisse, d'origine savoyarde; elle est aussi catholique-romaine. Or comme "sola mater certa est", Mauro Poggia et ses émules feraient bien de méditer le sens de ce proverbe latin avant de sauter aux conclusions comme on dit cette fois en anglais.

Au moins, Éric Stauffer est plus franc de collier, qu'il a épais...



"Mauro Poggia désigne des personnalités politiques juives : La CICAD déplore cette prise de position publique.
Dénonçant à juste titre la question des medias sur son appartenance religieuse, Mauro Poggia, candidat MCG au Conseil d’État, n'hésite pourtant pas à désigner des personnalités politiques appartenant ou supposées appartenir à la communauté juive.

Le politicien a argué à de multiples reprises que cette question relève de la sphère privée tant qu'elle n'interfère pas dans la vie politique. La CICAD partage ce point de vue. Dès lors, comment ne pas être consterné lorsque ce dernier use du même procédé comme stratégie de défense.

Pour preuves les propos tenus lors de l’émission Mise au Point (RTS1) du 6 octobre 2013.

Le Journaliste : Mauro Poggia, vous êtes candidat au Conseil d’État à Genève, vous avez un parcours un peu atypique [...] Autre caractéristique : je crois que vous êtes musulman. C’est juste ? Vous êtes de confession musulmane ?
Mauro Poggia : Oui, vous n’avez rien trouvé de plus intéressant à mettre sur le tapis? [...] Effectivement, concernant ma religion, si j’étais Mme Brunschwig-Graf vous ne me demanderiez certainement pas si je suis de confession juive…

Plus récemment, dans le magazine L’Illustré en date du 16 octobre, répondant à une question sur ses orientations religieuses, il rétorque:
« Pour moi, c’est une chose privée. Je ne suis pas pratiquant, je ne vais pas à la mosquée et ne m’arrête pas de travailler pour prier. La religion est dans le coeur des gens. Je n’aime pas trop en parler, car je sais que mes adversaires politiques l’utilisent avec malveillance en allant racler une islamophobie ambiante. On ne demande pas à Pierre Weiss comment il vit son judaïsme. »

Quelles curieuses réponses d’un candidat se disant offusqué lorsqu’il est interpellé sur sa religion. Une position que la CICAD déplore. Mauro Poggia opte ainsi pour la nomination de nouvelles cibles, étonnamment juives ou supposées l’être. Le public aura-t-il droit à de nouvelles révélations sur l’appartenance au judaïsme d’autres personnalités politiques ?

La CICAD s’interroge face à de telles prises de positions d’un candidat briguant un siège au Conseil d’État. Elle rappelle que les élus auront pour mission d’assumer des responsabilités visant au bien-être de tous les Genevois, sans distinction et sans discrimination, quelle que puisse être leur appartenance religieuse. Elle espère que Mauro Poggia saura accueillir avec lucidité cette réaction, pour prendre de la hauteur et ne pas tomber dans de viles et pitoyables désignations.

La CICAD attend une réaction et une prise de position ferme de sa part."


- See more at: http://www.cicad.ch/fr/cicad-news-press-releases-and-feedback/mauro-poggia-d%C3%A9signe-des-personnalit%C3%A9s-politiques-juives-la#sthash.1jX9UCav.dpuf

02:43 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

04/11/2013

Interpellé par la LICRA, le Conseil d'Etat condamne les propos anti-frontaliers du MCG

                                                                                                                           Au Président du Conseil d’Etat

                                                                                                                           Rue de l’Hôtel-de-Ville, 2

                                                                                                                           1211 Genève 3

 

                                                                                  Genève le 07 octobre 2013

 

Monsieur le Président,


Lors de sa dernière séance (mercredi 2 octobre), le comité de la LICRA a décidé, à l'unanimité, de réagir aux propos inacceptables concernant les frontaliers,  imprimés et diffusés par un tous-ménages du MCG, lors de la campagne de 2013 pour les élections au Grand Conseil et au Conseil d'Etat. On peut ainsi lire en page 2 de cette brochure un article dont le titre est : " L'épidémie de frontaliers n'est de loin pas éradiquée !".

 

Notre comité estime que les écrits publiés dans ce tous-ménages du MCG incitent au rejet et à l'exclusion  de milliers de travailleurs et employés qui viennent chaque jour dans notre canton et que les termes utilisés relèvent d'un champ lexical criminogène. 

 

La LICRA reste attachée à la liberté d'expression d'un Etat de droit et d'une démocratie comme la nôtre, dont nous sommes fiers. Elle affirme toutefois avec force que de tels écrits, publiés dans le cadre de la campagne électorale, induisent gravement à la discrimination, à la haine, à la violence et qu'ils nécessitent une réaction en haut lieu.


La question que nous nous permettons de vous poser est la suivante: le Conseil d'Etat envisage-t-il de réagir publiquement, en tant qu'Autorité suprême de ce Canton garantissant nos libertés et le respect qu'on doit à chacun et à chacune, à des écrits qui menacent gravement notre cohésion sociale?

Le Comité de la LICRA vous remercie d'avance de votre prompte réponse. A la lecture de celle-là, il définira l'action et les dispositions qu'il pourrait prendre afin que de tels dérapages cessent ou soient condamnés. En cela, la LICRA continuera à appliquer  les principes et convictions qu'elle porte depuis de nombreuses années en tant qu'association.

En vous remerciant d'avance d'avoir porté attention à notre requête, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en notre respectueuse considération.

Pierre Weiss        Manuel Tornare        Michaël Bitton

 

Président             Vice-président          Vice-président




RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE

                                                                                                                                  Genève, le 30 octobre 2013

Le Conseil d'Etat

8224-2013

                                                                                                                               Ligue internationale contre le racisme                                                                                                                                    et l'antisémitisme - LlCRA

                                                                                                                               Monsieur Pierre WEISS

                                                                                                                               Président

                                                                                                                               1204 Genève


Concerne: votre correspondance du 7 octobre 2013


Monsieur le Président,

Notre Conseil se réfère à votre courrier du 7 octobre dernier dans lequel vous sollicitez la position de notre Conseil relativement au « tous-ménages» du Mouvement Citoyen Genevois lors de la campagne des élection-s-d-es autorités genevoises de 2013. 

Notre Conseil entend tout d'abord réaffirmer sa résolue opposition à toute démarche discriminatoire contraire à l'esprit de notre Constitution et aux valeurs de la République. Dès lors, il condamne les propos tenus par le parti susmentionné à l'encontre des travailleurs frontaliers.

Cette position de fond, politique, n'autorise pas pour autant notre Conseil à s'ériger en « autorité suprême de ce Canton». Dans le contexte électoral que nous vivons, notre Conseil doit être particulièrement attentif à ne pas sortir du rôle institutionnel que la Constitution lui confère. Il appartient aux personnes qui se sentent discriminées, respectivement aux associations qui agissent en la matière, de porter les propos querellés devant la justice de manière à ce que celle-ci puisse se déterminer.

Tout en relevant la gravité politique des propos en question, le Conseil d'Etat entend combattre ce type de discours ainsi, comme il l'a toujours fait, sur le plan de l'action politique.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, nos salutations distinguées.


AU NOM DU CONSEIL D'ÉTAT

La chancelière:                                                             Le président:

Anja Wyden-Guelpa                                                  Charles Beer


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