30/08/2014

Secret exagéré des débats parlementaires: effets pervers entre liberté d'opinion et liberté de la presse, il faut choisir

Organisée cette année à Genève par la société suisse pour les questions parlementaires, en collaboration avec notre Grand Conseil, une réunion était consacrée à "parlement et medias: des compagnons de route en opposition".

Siégeant sous la présidente experte du Prof. Andreas Auer, "exilé" pour diverses raisons de notre Alma Mater en terres alémaniques, entouré d'une brochette de spécialistes, du Prof. Saxer, de Zurich, au Prof. Cottier, de Neuchâtel et du Tessin (USI), en passant par une passionaria de la défense du secret des débats en commission parlementaire, Maria Bernasconi Roth, et un docteur en droit, journaliste au Temps, Denis Masmejean, n'hésitant pas à commencer son intervention par la maxime juridique latine: "Et audiatur altera pars" (que l'autre partie soit (aussi) écoutée), une discussion passionnante put suivre, nourrie de l'expérience de dizaines de députés venus de toute la Suisse comme de Berne.

Elle permit de nuancer quelque peu l'opposition théorique initiale et de déboucher sur certaines pistes pragmatiques permettant d'arrondir les angles dans le futur. Pour autant que les parlementaires cantonaux surtout acceptent d'entrer en matière, dans le respect des normes supérieures du droit, dont celles que fixe la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). Espérons que la Suisse ne s'en affranchisse pas, pour d'autres raisons...

Etat de la situation. En acceptant de siéger dans un Parlement, un député ou même un conseiller municipal s'engage à respecter certaines règles. Dont celle du respect absolu du contenu des débats en commission. Un point particulièrement essentiel dans certaines commissions, par exemple celles chargées de surveiller la gestion de l'Etat. Maria Bernasconi la préside à Berne. J'y siège modestement à Genève. Nous avons le privilège d'y entendre des collaborateurs de l'Etat qui doivent avoir l'assurance que leurs propos ne franchiront pas nos murs. Sauf à leur donner des raisons de celer des parts de la réalité.

De l'autre côté du mur - une métaphore - les médias protégés par le secret des sources, au nom justifié de la protection de la liberté de la presse, une conquête libérale difficile du XIXème siècle qui n'a pas encore gagné la partie sur notre planète. En Suisse, tant la CEDH que la Constitution fédérale et celles des cantons sont des remparts indestructibles.

Il en va de même à l'étranger. Et Denis Masmejean de donner quelques exemples particulièrement indiscutables de non respect du secret par les médias, pour des raisons morales, où les contrevenants furent approuvés tant par la CEDH que par la très chatouilleuse Cour suprême américaine, avant de faire un intéressant distinguo entre règles légitimes et acceptées par les élus, en prêtant serment, et intérêt public pour les médias d'informer leur lectorat. Ou ce qui en reste.

Quelques précautions s'imposent toutefois, comme un menu à trois plats.

A commencer par un minimum de raison dans l'appellation "confidentiel" ou "secret", un "Stempel" qui attire l'attention sur ce qui, plus souvent que parfois, ne le mérite pas. Trop de secret tue le secret. Souvenons-nous en ! En outre, raison garder, en pensant en particulier au caractère éphémère de l'information. Toutes les commissions ne surveillent pas la gestion de l'Etat. Le discernement ne doit pas être interdit.

A suivre par la possibilité théorique mais néanmoins réelle que la liberté d'expression ne déclenche pas un cercle vicieux sur les prises de parole des témoins entendus en commission, tentés de surjouer leur rôle, sous réserve d'un examen de la véracité de leurs propos. Avec des conséquences à l'appui.

A finir par des communicationspubliques sur l'ordre du jour des commissions, pour désamorcer une attente fébrile des médias ou au contraire la satisfaire, même partiellement.

Restera à vérifier dans le futur la place prise par les médias "asociaux". Et à pacifier - même marginalement - l'opposition entre Parlements et médias.

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24/08/2014

Le bourreau islamiste du journaliste a un (premier) nom, selon The Sunday Times

Selon le MI5 et le MI6 britannique, que mentionnent le Sunday Times de ce jour, le bourreau du journaliste américain n'est pas un pauvre, mais vient d'un quartier où ses parents habitent dans une maison valant un million de livres !

"While sources gave no details of the man they have identified, a key suspect is Abdel-Majed Abdel Bary, 23, who left his family’s £1m home in Maida Vale, west London, last year. He recently tweeted a picture of himself holding up a severed head".

Prudence, prudence, face aux théories qui mettent en cause la pauvreté. Un an à peine après le meurtre d'un soldat anglais en pleine rue. Où est le respect de nos valeurs ?

A propos, l'assassin albanais pour crime d'honneur qui a mis en oeuvre les principes barbares du "kanoun"
peut-il être considéré comme intégré à la société suisse ?

On peut toutefois faire preuve d'un chouïa d'optimisme humaniste quand on lit la condamnation des exécutions publiques de membres du Fatah à Gaza. Toujours dans le Sunday Times de ce 23 septembre 2014.

http://www.thesundaytimes.co.uk/sto/news/article1450765.ece.

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Une solution pour stopper toute victime à Gaza ?

Alors que tant de monde se préoccupe - à juste titre - des morts causés par l'extrémisme du Hamas, une organisation terroriste aux yeux de l'Egypte et de la Jordanie aussi, une proposition venant d'un important journaliste israélien mérite un minimum d'attention: il s'agit ni plus ni moins que de stopper la fourniture d'électricité à Gaza !

http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2014/08/israel-hamas-deterrence-disconnect-gaza-strip-electricity.html?utm_source=Al-Monitor+Newsletter+%5BEnglish%5D&utm_campaign=bc2ac65823-August_22_2014&utm_medium=email&utm_term=0_28264b27a0-bc2ac65823-93112925

Certes, la question de la conformité avec le droit international se pose, mais celle de la survie d'Israël aussi. Aux grandes causes, les grands moyens, si possible sans armes. Un peu dans la tradition de Gandhi.

Et puis, pour qui, dont les lecteurs de la Tribune, veut se faire une image correcte du nombre de victimes dans la guerre (de l'information) en cours, je ne peux que recommander la lecture du (long) article qui suit de la revue Forbes. Il remet les pendules à l'heure. Notamment celles du New York Times, naguère présenté comme reflétant le lobby juif outre-Atlantique.

http://www.forbes.com/sites/richardbehar/2014/08/21/the-media-intifada-bad-math-ugly-truths-about-new-york-times-in-israel-hamas-war/

Pour sa (mal)chance, la presse suisse n'est pas citée ! C'est vrai qu'elle préfère se ranger de manière acritique derrière Geri Müller (!) ou Carlo Sommaruga.

Pierre Weiss
président de l'Association Suisse - Israël, section de Genève

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20/08/2014

Les barbares de l'EI et le Hamas ont coupé les ponts avec la civilisation

Ce 20 août 2014, des esprits fanatisés coupent la tête d'un premier journaliste dans le ¨califat ¨de l'EI syro-irakien (qui vise aussi l'Espagne et la France jusqu'à Poitiers, la Grèce et la Sicile) parce qu'américain, dans un conflit menaçant de supprimer de cette partie du monde non seulement les minorités chrétiennes, qui y vivent depuis près de 2000 ans, mais aussi cette minorité yézidie qui y compte quasi 6000 ans de présence et dont la terre entière a appris l'existence et la fragilité cet été. Un autre journaliste américain est menacé du même sort. On en viendrait à soutenir El-Assad, un comble !

A Genève, un esprit dérangé et haineux compare devant la Grande Synagogue Hitler à Netanyahu. Voici un pas supplémentaire vers l'abjection: certains comparent Gaza à une prison, personne à Auschwitz-Birkenau ! Raison de plus d'aller manifester notre soutien à la Communauté juive ce samedi matin à la Grande Synagogue.

Demain, peut-être, le Hamas tirera ses missiles sur des avions souhaitant atterrir sur l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv. Comme si le drame du jet de Malaysia Air en Ukraine n'était pas suffisant ! Pourtant, il avait soulevé une large indignation, quelle qu'en aient été les tireurs responsables, russes ou ukrainiens.

Pendant ce temps, les premiers témoignages de la barbarie du Hamas font surface. Pour qui veut les entendre. Ca a commencé avec les civils - la moitié des 2000 morts palestiniens de l'opération ¨bordure protectriceë
s. dont des enfants, utilisés comme boucliers humains. Un fait désormais documenté et expliqué avec cynisme et pragmatisme par la configuration urbaine de la ville de Gaza. Nécessité fait loi, en quelque sorte.

Ainsi, après avoir admis sur la TV libanaise Al-Mayadeen, par la bouche de la responsable du ministère des informations étrangères du Hamas, Isra Al-Mudallal, intimider la presse étrangère pour qu'elle ne soit pas trop curieuse des points de lancement de ses missiles (600 rockettes sur 3300 tirées sur Israël depuis des zones résidentielles, y compris depuis des écoles et des mosquées, selon des sources israéliennes): ¨ce que ces journalistes faisaient était immoral, tout sauf du journalisme professionnel¨, il semblerait, selon les agences AP et Fox News, que plus de 160 enfants soient morts ces 2 dernières années en étant obligés de creuser les tunnels dirigés contre Israël. Sans compter ceux qui ont été exécutés pour ne pas révéler l'emplacement de ces tunnels. Dire que certains osent s'en plaindre, par lettre anonyme !

Certes, il ne s'agit là que d'opinions encore minoritaires, mais la force propagandiste du Hamas dans son ¨émirat¨ commence paradoxalement à montrer ses limites. Malgré sa montée en puissance en Occident.

A la fin, l'esprit de liberté finira par prévaloir. D'ici là, combien de morts du Hamas faudra-t-il pour que l'opinion publique occidentale ouvre les yeux ?

Et y a-t-il vraiment une différence de nature entre l'EI et le Hamas ? Dans les deux cas, les dictateurs des consciences et des âmes roulent les mécaniques. Et les humains meurent. Des deux côtés.

Dernière révélation: un sheik du Hamas, Saleh al-Aruri, reconnait la responsabilité de son mouvement dans l'assassinat des trois adolescents d'Hebron, l'étincelle qui a embrasé le ciel de Gaza cet été. http://www.i24news.tv/fr/mobile#content/40907. Voilà qui déconsidère pas mal d'¨idiots utiles¨ à Genève.

23:35 Publié dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (79) | |  Facebook | | | |