11/10/2013

Le "pirate" suisse de Greenwar mérite punition sévère et grâce partielle

A 400 kilomètres au nord de Rovaniemi (et 10 heures de bus), la ville du Père Noël, se trouve Mourmansk, capitale de l'arctique russe. Et à Mourmansk croupit dans une geôle un Suisse depuis le 19 septembre 2013. Son méfait: "piraterie en bande organisée", selon l'article 227 du Code criminel russe, pour avoir tenté d'escalader, avec une trentaine de ses amis de Greenpeace, dont 4 Russes, une plateforme pétrolière en mer de Barents depuis un bateau battant pavillon néerlandais. Mourmansk, 300 000 habitants, la plus grande ville à l'intérieur du Cercle polaire, avant Anchorage et Reykjavik, ses immeubles soviétiques souriants et ses prisons glaciales, tout un programme. Brrrrr !!!

Marco Weber, un charpentier et activiste bernois, y risque jusqu'à 15 ans de prison. Pas parce qu'il est suisse. Mais parce qu'il a violé la loi russe. Déjà trois de ses camarades d'infortune se sont vus refuser une remise en liberté. Il est depuis ce vendredi 11 octobre formellement inculpé, comme la moitié de ses amis.

On ne sait pas quand se tiendra son procès. Mais on sait la justice russe intraitable. Les "pussy riots" ont fait l'amère expérience des conséquences du blasphème dans un État qui est redevenu religieux. Malgré des protestations internationales et une grève de la faim, l'exécution des peines infligées va de l'avant. Sans sortie accompagnée.

Pourtant, son sort pourrait ne pas être dramatique, grâce à son père, aux autorités suisses, aux manifs et à Poutine.

Son père, membre lui aussi de cett'ONG connue pour ses provocations, ne tarit pas d'éloges sur son action: il a "un coeur de battant". D'ailleurs, il l'a aussi béni. Comme on le faisait au Moyen-Âge de ceux qui partaient pour la Crioisade devant libérer Jérusalem des infidèles. Celai lui a peut-être évité, depuis 4 ans qu'il navigue sur l'Arctic Sunrise, de s'être fait arrêter, qui sait ?

Selon les autorités consulaires suisses, qui lui ont remis des habits adéquats -espérons pour lui que le paquet-cadeau ait inclus une veste chaude de la marque islandaise "66 North Clothing"- et des journaux de la mère-patrie, sa santé physique serait bonne. En revanche, le représentant suisse n'a pu se prononcer sur son moral. Une dépêche parle d'état mental inconnu, comme s'il fallait être fou pour faire ce qu'il a fait.

Des manifs ont déjà été organisées dans une cinquantaine de pays pour obtenir la libération des "pirates" de Greenpeace. En Occident, la réaction russe passe pour disproportionnée. C'est d'ailleurs l'opinion officielle des Canadiens et des Australiens dont des ressortissants font aussi partie de la liste des compagnons d'infortune de Marco Weber. Quant aux Néerlandais, ils ont initié une procédure d'arbitrage pour récupérer le bateau portant leur drapeau. un bateau arraisonné par un commando de garde-frontières russes, puis remorqué jusqu'au grand port de Mourmansk.

Pour l'ONG, ces arrestations sont du pain béni, car elles donnent à sa provocation une visibilité internationale inespérée. Ou calculée, les membres de l'équipage de l'"Arctic Sunrise" étant au fond l'équivalent fonctionnel des boucliers humains du Hamas, de la chair à canon envoyée en premievère ligne que l'organisation sacrifie pour que l'on parle d'elle.

Par la bouche de son porte-parole, le président Poutine doute qu'il soit un pirate, lui comme ses codétenus. Tout en ajoutant perfidement n'être "ni un enquêteur, ni un procureur, ni un juge, ni un avocat". Juste un bourreau ? Nul doute qu'au moment où il pourra entrer en scène, comme détenteur du pouvoir régalien de la grâce, il pensera aussi au fait que la mer de Barents, infestée d'excellents King Crabs depuis leur introduction par les savants fous de l'ère soviétique -un délicieux produit que l'on achetait à la Migros dans les annees soixante-dix sous le nom de Chatka- recèle 51000 milliards de mètres cubes de gaz naturel, le quart des réserves mondiales actuelles, outre 80 millions de barils d'or noir. Peut-être aussi que son degré bien connu de tolérance bienveillante sera affecté par les révélations les plus récentes de la police russe qui prétend avoir trouvé à bord du bateau des "stupéfiants" et autres "équipements suspects".

Pour l'heure, malgré Amnesty International qui est dans son rôle en envoyant une protestation ainsi que le violoniste Gidon Kremer (20 Minutes du 9 octobre), le pouvoir russe envoie en asile psychiatrique Mikhail Kossenko, un homme légèrement schizophrène selon ses médecins, accusé d'avoir porté un coup de pied à un policier lors d'une manif. Une peccadille en comparaison de l'acte de "piraterie en bande organisée". Une peccadille qui réveille de fâcheux souvenirs et ne laisse d'inquiéter pour le sort de l'intrépide Bernois, en fait surtout imprudent, mais conscient de l'être. Selon un mail transmis au Matin dimanche de ce 13 octobre, il est en train découvrir la sévérité du régime carcéral russe. Son père aussi !   

Bref, cette affaire pose en toute lumière les limites aux provocations dont Greenwar est coutumière. Ce qui est toléré, tant le laxisme est grand, dans nos démocraties -cela fait leur charme comme cela signe leur faiblesse- ne l'est pas ailleurs dans le monde. Un chewing-gum jeté et même mâché, depuis 1992, peut coûter cher à Singapour, où son importation est interdite, sauf pour raison thérapeutique. Sans même évoquer la détention de drogues qui peut y valoir la prison à perpétuité voire la peine de mort, pour prendre un exemple asiatique d'une république démocratique quoiqu'un brin autoritaire. Et les adeptes de la charria en connaissent les rigueurs sur les autres, notamment en Afghanistan.

Et puis, quelle que soit la condamnation -que l'on espère exemplaire- de ces pirates des temps modernes, et quelle que soit la grâce, que l'on souhaite au mieux partielle, que le nouveau Tsar leur octroiera, Marco Weber pourra toujours se dire qu'il l'a échappé belle: du temps béni de l'Union soviétique, la déportations au goulag aurait été garantie. Le progrès du genre humain est en marche, rien ne l'arrêtera.

Mais pourquoi distinguer entre bons et mauvais pirates, comme on le fait plus ou moins artificiellement pour le cholestérol ? Probablement pour éviter de voir que Greenpeace n'est que Greenwar, une organisation orwellienne. L'absence de violence, de morts de cette action -ce qui distingue l'"Arctic Sunrise" du "Navi Marmara"-, les buts poursuivis -sauver l'écosystème de la mer de Barents et non se transformer en supplétifs du Hamas- n'excusent pas la violation des lois des pays où l'on se rend. Sans y être ni invité, ni même désiré. On se prend à espérer plus de prudence de la part des croisés de la secte Greenpeace. Tout est possible !

Mais on est vite déçu par la réaction de la porte-parole de Greenpeace à l'annonce de l'inculpation de Marco Weber. Son "ne nous laissons pas intimider - continuons le combat ! - a comme un relent de slogan soixante-huitard. Au fond, comment mieux dire que ce militantisme date, comme la piraterie, on a affaire à un type d'action d'un autre âge.


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18/09/2013

Thierry Apothéloz, favorable au port du voile islamique, invite ses supporters qui mangent halal

Dernière minute:

Je suis en mesure d'opposer un démenti formel aux internautes qui font l'hypothèse tenant du pur fantasme que la sœur de Thierry Apothéloz est liée à la famille Ramadan. J'espère très sincèrement que les personnes répandant ce mensonge se convertiront à la vertu de la vérité !  

 

Un indice quasi cascher pour confirmer mon hypothèse hardie que Thierry Apothéloz remplacerait Sandrine Salerno à la "1ère rencontre annuelle des musulmans de Genève" organisée et encadrée à Genève par la succursale locale des Frères musulmans intégristes, soit la fratrie Ramadan, sur le thème angélique "union et ouverture".

Ajoutons-y un second indice encore plus probant du multiculturalisme mou du candidat au Conseil d'Etat très rose de Vernier : sa position laxiste sur le port du voile islamique à l'école publique obligatoire (http://issuu.com/psgenevois/docs/newpscr_009-13_psg).

Selon une fuite intéressée dont le concurrent que je deviens de l'agence Decaprod (qui ne me cite pas plus que la TG, selon mon ami Pascal, ne la cite), Thierry Apothéloz a organisé un pic-nic aux Evaux le dimanche 8 septembre 2013, dans le cadre de sa campagne pour le conseil d'Etat. Le pic-nic était organisé à l'intention de ses supporters. Jusque là, rien que de banal.

Mais grâce à Thierry Apotheloz, on évite vite la banalité: le pic-nic était aussi halal ! Cette sollicitude pour la diversité culturelle genevoise est touchante. Il est vrai qu'il y a nombre de femmes voilées à Vernier et, plus largement, à Geneve. Certaines font peut-être partie de son comité de soutien. En ce sens, son action est logique. Voire de bonne guerre électorale. Surtout depuis que sa concurrente Sandrine a trouvé son chemin de Damas (voir ma note précédente). Mais jamais, à ma connaissance, n'ont été organisés à Genève des pic-nids politiques halal. Spaghetti PDC, choucroute radicale, pour les libéraux évidemment caviar, choucroute au caviar désormais pour le PLR, travers de porc MCG sont d'habitude offerts aux militants - vendus chez les libéraux à leurs amis radicaux...

Peut-être que grâce à ce choix culturel, Lucia Dahlab, la non-élue au conseil municipal et néanmoins candidate voilée des Verts au Grand Conseil (pas pour le plus plaisir de tous les Verts, à témoin son score à Vernier en 2011 où elle a fini avant-dernière de son parti, preuve que les sermons en faveur de la diversité, c'est bon pour la façade, mais pas dans l'urne), était aussi présente...(http://www.ge.ch/elections/20110313/commune/43/nominatif/)

Petite précision: les boucheries halal de Genève servent aussi des clients juifs souhaitant manger cascher, car il est compliqué pour les juifs de trouver de la viande cascher en Suisse, en raison de l'interdiction de l'abattage rituel. En ce sens, le pic-nic halal de Thierry Apothéloz était quasiment cascher. Tout en privilégiant clairement l'électorat musulman, y compris sa composante islamiste. En réalité, la viande halal n'est pas casher aux yeux de la kasherout, mais la viande kasher est considérée comme halal par les musulmans.

Une chose est claire sur le plan politique. Thierry Apothéloz votera contre mon projet de loi, quand il sera déposé (voire soumis au peuple si un référendum s'y oppose, au cas où elle serait adoptée par le Grand Conseil), pour interdire les signes religieux ostentatoires à l'école obligatoire. Dont le voile.

Aux citoyens de faire le bon choix, en ne donnant pas leur voix à un candidat qui n'est pas dérangé par l'inégalité culturelle entre les hommes et les femmes. Et par le mépris signifié aux femmes. Peut-être que ses concurrente sont plus nuancés sur ce point. Non seulement désormais Sandrine Salerno, mais peut-etre, pourquoi pas, Roger Deneys. Tout pécheur méritant miséricorde, je serais intéressé à ce qu'il se dévoile sur ce point.

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07/09/2013

Chypre: la Turquie désinforme et détruit l'héritage culturel chrétien

A 100 kilomètres des côtes syriennes, la petite République de Chypre ne souffre pas que de l'impéritie de son précédent gouvernement de gauche, ami de la Russie, de ses mafias et des pays arabes. Sa crise financière, dont l'UE, la BCE et le FMI essaient de la sortir au prix d'un sérieux appauvrissement de ses citoyens et d'une profonde restructuration d'un secteur bancaire surdimensionné et imprudent, pour dire le moins, n'est que le dernier avatar d'une histoire récente tragique.

Le ciel bleu dont elle bénéficie 300 jours par an pourrait toutefois la sauver sur le plan economique, non seulement grâce aux deux millions de touristes qui viennent la découvrir chaque année (dont une moitié de Britanniques, mais moins de 30 000 Français !), mais aussi et surtout grâce aux importantes réserves de gaz naturel trouvées au large de ses plages. Leur exploitation est imminente, comme au Liban et en Israël, deux autres de ses voisins.

En effet, ce ne serait pas la première fois que la jeune République, indépendante du Royaume-Uni depuis 1960 seulement, se sortirait d'une situation catastrophique. La dernière était en 1974, à la suite de l'invasion turque qui a mené à la division du pays, à la perte de 70% de son PIB de l'époque confisqué par l'occupant, à un nettoyage ethnique affectant 180 000 de ses habitants, soit le tiers de ses citoyens forcés de fuir leurs villes et villages et devenus réfugiés dans leur propre pays. Et à une destruction de son héritage chrétien, objet d'une désinformation grossière par la République fantoche turque du nord de Chypre (RTNC), qui s'est unilatéralement déclarée indépendante en 1983. À noter que cette sécession n'a été reconnue par aucun État membre de l'ONU, à l'exception, bien entendu, de la Turquie dont la monnaie y a cours légal.

Occupée par 43 000 soldats turcs, repeuplée par plus de 160 000 paysans anatoliens pour compenser l'émigration de la moitié des Chypriotes turcs depuis 1974, la RTNC représente un obstacle majeur pour l'adhésion de la Turquie à l'UE. Comment en effet y accepter un État qui occupe 37% du territoire d'un État membre de l'UE ? Cela équivaudrait à reconnaître que le crime paie.

Le problème n'est pas seulement politique. Il est aussi culturel. Le régime illégal procède à une "turquification" systématique des noms des localités, à une destruction des cimetières où plus une croix chrétienne n'a le droit de rester debout, bref à une négation du passé millénaire de l'île d'Aphrodite. L'héritage grec en est banni.

C'est ainsi que même si la RTCN le cache (par exemple dans un superbe prospectus touristique "North Cyprus" (www.simplynorthcyprus.com), les autorités de cette province turque, de facto, citent, parmi les "exemples de l'héritage culturel qui vous attend: la cathédrale de Sainte-Sophie (...),la cathédrale de Saint-Nicolas" (p. 18). Or ces deux cathédrales sont des mosquées, depuis longtemps d'ailleurs. La honte du détournement religieux est-elle si gênante ?

Se rengorgeant de la centaines d'œuvre d'art qui peuvent y être visitées (et qui en valent la peine, foi d'amateur de vieilles pierres, à commencer par le château franc de Saint-Hilarion et le monastère gothique de Bellapais, à côté de Kyrenia, à suivre par les ruines de Salamine, à terminer par la tour d'Othello qui fait partie de l'enceinte vénitienne de Famagouste), le régime cache la destruction de nombreux sites archéologiques, -sauf ceux de première importance, pour des raisons de marketing touristique -, le vandalisme étatique au détriment des monuments, la vente de biens culturels à l'étranger.

Il cache en particulier le fait que plus de 500 églises (telle la Panagia Avgasida à Milia, 15 ans apres l'invasion! ou encore, plus récemment, l'Eglise de Sainte-Catherine, à Gerani) ont été détruites, vandalisées ou converties au mieux en centres culturels ou en mosquées, au pire en étables. Près de 20 000 objets religieux (icônes, par exemple un portrait de la Vierge à Livadia, près de Famagouste, vaisselles sacrées, manuscrits, etc., ont été volés, des mosaïques ont aussinété détruites ou vendues à l'étranger.

En somme, une partie non négligeable de l'héritage culturel de l'Europe chrétienne fait l'objet du nihilisme culturel turc. Ce qui pose au moins trois questions:

- qui s'en soucie en Suisse, à part les Arméniens, eux aussi victimes, y compris à Genève, du nationalisme turc et du négationnisme de leurs autorités ?

- en quoi le comportement des occupants turcs à l'égard des chrétiens est-il différent de celui que l'on observe dans d'autres pays musulmans soumis à des forces islamistes ? Il suffit de penser aux destructions d'églises coptes par dizaines en Égypte, aux assassinats de moines catholiques en Algérie, aux violences contre les melkites en Irak et maintenant en Syrie. Pour ne pas évoquer ici le lointain Pakistan, l'Indonésie ou les Philippines.

- quand les intellectuels et les politiciens des pays occidentaux et chrétiens, qui ne renient pas leur héritage, auront-ils le courage de reconnaître qu'une guerre des civilisations est en cours, et que la nôtre est mal partie pour la gagner?

Le premier pas serait aujourd'hui de lutter par des pétitions envoyées aux autorités turques pour que soit mis fin à l'occupation turque de cette merveilleuse île méditerranéenne. Le deuxième de faire preuve de vigilance face à la destruction de notre héritage culturel ici par les nationalistes turcs, là par les islamistes. Le troisième d'être attentifs dans nos pays aux tentatives des islamistes d'y imposer leurs valeurs, tel le port du voile. Car ceci n'est pas une autre histoire, pour paraphraser Kipling...

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