07/10/2014

Conseil de gourmet: lire Gabriel Aubert (et pas seulement l'écouter)

A qui a envie d'en savoir plus sur les intrigues internes à l'université concernant le choix de son prochain recteur, la lecture du dernier chapitre de l'ouvrage partiellement critique, "Regards sur l'Université de Genève" (Slatkine, 2009) opportunément intitulé, à propos du choix du recteur, "Qu'il soit élu par bon accord de tous", mais surtout avec le conseil cardinal "Que le recteur soit pris de la compagnie des ministres et professeurs", sous le titre plus général de "Conversation drolatique entre Jean Calvin et Théodore de Bèze" - qui fait un peu penser aux interviews presqu'imaginaires du Canard enchainé - qu'on me pardonne cette comparaison hardie sinon indécente, est vivement recommandée. Rien ne vaut de méditer les leçons du passé, surtout quand elles sont glorieuses.

Cet ouvrage fait de contributions réunies par le professeur Gabriel Aubert à l'occasion du 450ème anniversaire de la Maison qui en a assuré l'édition et la diffusion - mais ne vaut-il pas mieux un ouvrage critique qu'un autre qui ne vint jamais ?... - permettra de mieux comprendre les causes de la mauvaise gouvernance à la tête de l'alma mater.

Après 4 recteurs dont les règles de désignation ont dérogé à celles fixées en 1559 et qui ont fonctionné jusqu'en 1995, soit pendant 436 ans - "et pourquoi?", demande ingénument Calvin, - parce qu'une conseillère d'Etat voulait un recteur fort, lui répond Bèze,  et qu'elle était sûre (elle était souvent sûre) d'avoir trouvé l'oiseau rare" avant les nominations des recteurs Boum-Boum (Fulpius), Legris (Bourquin), Narcisse (Hurst), le premier de l'histoire de l'uni de Genève acculé à démissionner, et l'actuel Hodiernus (Vassalli). précédé de Cincinnatus (Weber), sur lesquels le prof. Aubert ne tire pas à vue, contrairement à son analyse de l'action d'une ancienne conseillère d'Etat (Brunschwig, libérale), contrastant avec celle de son pré-prédécesseur (Chavanne, socialiste) comme celle de son successeur direct (Beer, socialiste). Au passage, y a-t-il, au regard de l'histoire, pire jugement que l'oubli réservé par le prof. Aubert à un discret mélomane PDC (Föllmi), pire encore que les oublis de la R'vue...  

Alors que l'élection du prochain recteur est à bout touchant (le 29 octobre 2014 et d'ici à janvier 2015 au plus tard, pour une entrée en fonction prévue pour le 15 juillet 2015), qu'un candidat extérieur de très bonne qualité, ancien recteur d'une université montréalaise de pointe - Mc Gill - s'est retiré dans la plus absolue discrétion, ce qu'on regrettera, que restent en lice un vice-recteur patient, habile, mais du sérail et de qualité - auquel vont les faveurs de la cote et les miennes, si j'ose m'exprimer ès qualités d'ancien enseignant aujourd'hui retraité d'une institution à laquelle j'ai donné, peu ou prou, 40 ans de ma vie - et un ancien doyen (de qualité) de la faculté de droit, l'Assemblée de l'université où même les nettoyeurs ont leur mot à dire - si au moins elle était propre à l'intérieur... Parler de corporatisme, comme la Tribune du 4 octobre tient de la litote, c'est de l'autisme pur et simple !

Sans revenir sur l'excellent dossier consacré à ce choix, voici la liste des défis auquel sera confronté le lauréat de l'une des meilleures universités du monde (top 100 sur 20 000):

  • ne pas se laisser distancer, voire améliorer sa position, quelles que soient les critiques que méritent ces rankings;
  • s'assurer de la solidité de ses financements tout en en recherchant de nouveaux, sans snober le secteur financier, comme a réussi la gageure de le faire le présent recteur, ni le dépôt de brevet
  • conserver son ouverture européenne et internationale, en souhaitant que les étudiants s'engagent par leur votes davantage pour des défis politiques - eussent-ils tous voté non le 9 février plutôt que de geindre par la suite ! - que pour des fêtes sans lendemain offertes par un rectorat spécialiste du panem et circenses (du pain et des jeux);
  • à défaut d'argent, se résoudre, au nom de l'excellence, à faire des choix douloureux en préservant les meilleures branches - sciences et médecine, voire lettres et droit, et qui sait, HEC rebaptisée, en sachant que les facultés et centres délestés des charges de recherche coûtent peu, sinon (peut-être) à court terme à l'assurance-chômage, mais rapportent encore moins;
  • améliorer la qualité de l'enseignement, grâce notamment aux cours en ligne;
  • se positionner face à la concurrence des HES qui montent par bonheur en puissance;
  • ne pas oublier que l'uni, c'est près de 17 000 étudiants et de 4 300 collaborateurs, un budget de 750 millions dont 325 pour la canton. Lui demander neuf millions d'économies, c'est à peine plus d'un pour-cent d'effort. Ce qui reste dans la marge d'erreur, aurait dit mon prof. de statistique... mais qui change du toujours plus des enfants gâtés par la permissivité et l'absence de rigueur de la FPSE !

 

 

 

 

06/11/2013

Mauro Poggia, le dénonciateur dénoncé par la CICAD

Le texte qui suit est un communiqué de presse de la Cicad paru le 25 octobre 2013 sur son site (www.cicad.ch). Malheureusement, aucun media ne l'a repris. Hypothèse: l'incertitude électorale en inquiète plus d'un, et les médias peuvent craindre sinon des représailles, du moins de la mauvaise humeur d'un possible vainqueur du scrutin de dimanche. Alors motus et bouche cousue. Je dirais même plus: botus et mouche cousue....

Il est toutefois intéressant car révélateur d'un mode étonnant de faire de la politique que semble affectionner Mauro Poggia. Par insinuation. Par sous-entendu. Par amalgame. Par absence de vérification de ses affirmations. Comme celle, dans l'Illustré, concernant mon prétendu judaisme.

Je n'entends pas entrer ici dans un coming out religieux, faisant plonger le lecteur de cette note dans l'histoire d'une famille venue d'Alsace en Suisse après la Guerre de 1870. L'Ordre professionnel, ancêtre d'Entreprise romande, l'avait fait jadis en interviewant mon grand-père, alors directeur (on ne disait pas général) de Sodeco, une fabrique de compteurs électriques ayant appartenu au groupe zougois aujourd'hui disparu Landis & Gyr qui se trouvait au Grand-Pré.

Je laisse le lecteur curieux fouiller dans les archives de l'ex-BPU pour en savoir plus sur notre saga familiale. Peut-être remontera-t-il plus loin dans le temps et s'intéressera-t-il aux lois de Vichy pour calculer des fractions. Une chose est certaine: ma mère est suisse, d'origine savoyarde; elle est aussi catholique-romaine. Or comme "sola mater certa est", Mauro Poggia et ses émules feraient bien de méditer le sens de ce proverbe latin avant de sauter aux conclusions comme on dit cette fois en anglais.

Au moins, Éric Stauffer est plus franc de collier, qu'il a épais...



"Mauro Poggia désigne des personnalités politiques juives : La CICAD déplore cette prise de position publique.
Dénonçant à juste titre la question des medias sur son appartenance religieuse, Mauro Poggia, candidat MCG au Conseil d’État, n'hésite pourtant pas à désigner des personnalités politiques appartenant ou supposées appartenir à la communauté juive.

Le politicien a argué à de multiples reprises que cette question relève de la sphère privée tant qu'elle n'interfère pas dans la vie politique. La CICAD partage ce point de vue. Dès lors, comment ne pas être consterné lorsque ce dernier use du même procédé comme stratégie de défense.

Pour preuves les propos tenus lors de l’émission Mise au Point (RTS1) du 6 octobre 2013.

Le Journaliste : Mauro Poggia, vous êtes candidat au Conseil d’État à Genève, vous avez un parcours un peu atypique [...] Autre caractéristique : je crois que vous êtes musulman. C’est juste ? Vous êtes de confession musulmane ?
Mauro Poggia : Oui, vous n’avez rien trouvé de plus intéressant à mettre sur le tapis? [...] Effectivement, concernant ma religion, si j’étais Mme Brunschwig-Graf vous ne me demanderiez certainement pas si je suis de confession juive…

Plus récemment, dans le magazine L’Illustré en date du 16 octobre, répondant à une question sur ses orientations religieuses, il rétorque:
« Pour moi, c’est une chose privée. Je ne suis pas pratiquant, je ne vais pas à la mosquée et ne m’arrête pas de travailler pour prier. La religion est dans le coeur des gens. Je n’aime pas trop en parler, car je sais que mes adversaires politiques l’utilisent avec malveillance en allant racler une islamophobie ambiante. On ne demande pas à Pierre Weiss comment il vit son judaïsme. »

Quelles curieuses réponses d’un candidat se disant offusqué lorsqu’il est interpellé sur sa religion. Une position que la CICAD déplore. Mauro Poggia opte ainsi pour la nomination de nouvelles cibles, étonnamment juives ou supposées l’être. Le public aura-t-il droit à de nouvelles révélations sur l’appartenance au judaïsme d’autres personnalités politiques ?

La CICAD s’interroge face à de telles prises de positions d’un candidat briguant un siège au Conseil d’État. Elle rappelle que les élus auront pour mission d’assumer des responsabilités visant au bien-être de tous les Genevois, sans distinction et sans discrimination, quelle que puisse être leur appartenance religieuse. Elle espère que Mauro Poggia saura accueillir avec lucidité cette réaction, pour prendre de la hauteur et ne pas tomber dans de viles et pitoyables désignations.

La CICAD attend une réaction et une prise de position ferme de sa part."


- See more at: http://www.cicad.ch/fr/cicad-news-press-releases-and-feedback/mauro-poggia-d%C3%A9signe-des-personnalit%C3%A9s-politiques-juives-la#sthash.1jX9UCav.dpuf

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07/06/2013

Imposition selon la dépense: le Portugal a compris, la gauche genevoise n'a rien appris

Face à la crise dans lequel il s'est enfoncé, le Portugal a pris le taureau par les cornes en décidant, entre autres mesures de relance, à compter du 1er janvier 2013 d'exonérer de l'impôt sur le revenu, sur la fortune, sur les successions et les donations les (riches) étrangers retraités qui y acquerront un bien immobilier (http://www.algarverealestate.com/imagens/blog/informacoes/DL-249-2009-codigo-geral-investimento.pdf). Face à l'absence de crise qui fait de notre canton et de notre pays des endroits dont les habitants se classent parmi les plus heureux du monde, où la redistribution sociale fonctionne à plein régime en faveur de ceux qui peinent à s'adapter à une économie exigeante et où plus du tiers des contribuables ne paient pas le moindre impôt, la gauche genevoise et helvétique ne rêve que de scier la branche de l'arbre de vie qui est à la base de notre prospérité. Au nom de son principe d'égalité absolue dont elle est la prisonnière aveugle. Peut-on rêver plus belle opposition? Le pauvre portugais veut devenir moins pauvre en attirant des riches étrangers retraités, et le riche suisse ou genevois s'ingénie à devenir pauvre en chassant les riches étrangers inactifs ! Parions que le peuple ne se passera pas tromper par ce genre d'initiatives suicidaires pour les pauvres d'ici. Quelques informations sur l'intelligence portugaise mise en action en raison d'une nécessité qui rend ingénieux. Chacun à Genève sait combien ce pays produit de courageux et habiles travailleurs. Par dizaines de milliers, les Portugais sont venus dans notre canton où ils forment la plus importante colonie étrangère, au point d'y avoir dépassé l'immigration italienne, puis espagnole qui a contribué à notre richesse collective depuis l'après-guerre. Voici maintenant que le Portugal nous accueille, pour autant que nous soyons reteaités ou sur le point de le devenir et attirés par sa culture et son histoire, la douceur de son climat, la beauté de ses villes et ses 365 recettes de morue, en nous y exonérant totalement d'impôts, pour autant que nous n'y ayons pas résidé dans les 5 ans précédant l'acquisition d'un bien immobilier, condition sine qua non à son offre, et que nous soyons prêts à y passer au moins 183 jours par an (pour plus de détails, voir http://www.challenges.fr/patrimoine/20130502.CHA9058/le-portugal-nouveau-paradis-fiscal-pour-riches-retraites-etrangers.html). A noter que l'Union européenne n'y a rien trouvé à redire, contrairement à ce que prétendent nos belles âmes de gauche locale. Cerise sur le gâteau, ou plutôt noze sur les ovos moles, le marche immobilier portugais est lui aussi frappé par la crise et les prix d'achat de biens immobiliers s'y sont effondrés. Alors, cap à l'ouest, vers le pays des Grands Navigateurs qui, eux, n'ont pas perdu le nord.

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