08/10/2014

Nouveau recteur pour l'uni: à quel jeu jouent les autorités pour écarter le candidat canadien ?

Dans son suivi de la nomination du nouveau recteur, la Tribune précise que le prof. Vinet - tiens, le nom du grand réformateur vaudois - a renoncé à se présenter à cause de son âge (61 ans) qui l'empêcherait de se présenter pour un second mandat - qu'en a -t-il été pour l'actuel recteur Vassalli ? - et pour des raisons liées à sa caisse de pension. Or, ces deux "raisons" ne sont que des prétextes. Il serait intéressant de savoir qui les lui a fait gober.

En tant qu'auteur des amendements de la loi sur l'université permettant de rester au delà de 65 ans et d'obtenir des rachats pour sa caisse de pension, sans même évoquer des compléments salariaux pour des cas exceptionnels, je peux affirmer qu'il suffisait de peu de bonne volonté pour expliquer au candidat canadien que les raisons qu'on lui a données n'étaient que des prétextes qui ont servi à l'écarter.

A quel jeu jouent nos autorités ? Sinon à fermer le champ du possible.

Au surplus, contrairement à ce que j'écrivais hier, je ne suis pas certain que les nettoyeurs puissent être élus à l'Assemblée de l'université pour raisons de responsabilité exercée par un autre département, une situation qui durera aussi longtemps que l'uni ne sera pas propriétaire de ses bâtiments. En revanche, les "petits" électriciens et autres cols bleus peuvent y donner de la voix et voter pour le futur doyen. Acceptable, même pour qui n'est pas maniaquement élitiste ?

Deux précisions pour terminer.

Contrairement à ce que j'écrivais dans ma dernière note, je ne suis pas certain que des nettoyeurs puissent être élus à l'Assemblée de l'université, pour des raisons de partage des compétences entre départements de l'Etat. Raisons pour donner cette compétence en transférant à l'uni la propriété des bâtiments qu'elle occupe, pour en faire des propriétaires comme les TPG et les SIG. Mais peut-on admettre des de "petits" techniciens et autres cols bleus participent à l'élection du recteur, quel que soit le nombre de leurs voix ? A ce degré d'égalitarisme, on se pose des questions. Encore plus quand on étudie la participation desdits corps, de groupes voire de groupuscules aux élections internes qui adorent les listes uniques, surtout du côté des étudiants (CUAE) où l'on adore les monopoles...  

D'autre part, deux chaires de théologie genevoises vont être financées par des fonds privés. Ce qui permettra à l'uni de Neuchâtel de se passer de son historique faculté de théologie. Et d'accepter encore plus son statut d'université non généraliste.

 

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07/10/2014

Conseil de gourmet: lire Gabriel Aubert (et pas seulement l'écouter)

A qui a envie d'en savoir plus sur les intrigues internes à l'université concernant le choix de son prochain recteur, la lecture du dernier chapitre de l'ouvrage partiellement critique, "Regards sur l'Université de Genève" (Slatkine, 2009) opportunément intitulé, à propos du choix du recteur, "Qu'il soit élu par bon accord de tous", mais surtout avec le conseil cardinal "Que le recteur soit pris de la compagnie des ministres et professeurs", sous le titre plus général de "Conversation drolatique entre Jean Calvin et Théodore de Bèze" - qui fait un peu penser aux interviews presqu'imaginaires du Canard enchainé - qu'on me pardonne cette comparaison hardie sinon indécente, est vivement recommandée. Rien ne vaut de méditer les leçons du passé, surtout quand elles sont glorieuses.

Cet ouvrage fait de contributions réunies par le professeur Gabriel Aubert à l'occasion du 450ème anniversaire de la Maison qui en a assuré l'édition et la diffusion - mais ne vaut-il pas mieux un ouvrage critique qu'un autre qui ne vint jamais ?... - permettra de mieux comprendre les causes de la mauvaise gouvernance à la tête de l'alma mater.

Après 4 recteurs dont les règles de désignation ont dérogé à celles fixées en 1559 et qui ont fonctionné jusqu'en 1995, soit pendant 436 ans - "et pourquoi?", demande ingénument Calvin, - parce qu'une conseillère d'Etat voulait un recteur fort, lui répond Bèze,  et qu'elle était sûre (elle était souvent sûre) d'avoir trouvé l'oiseau rare" avant les nominations des recteurs Boum-Boum (Fulpius), Legris (Bourquin), Narcisse (Hurst), le premier de l'histoire de l'uni de Genève acculé à démissionner, et l'actuel Hodiernus (Vassalli). précédé de Cincinnatus (Weber), sur lesquels le prof. Aubert ne tire pas à vue, contrairement à son analyse de l'action d'une ancienne conseillère d'Etat (Brunschwig, libérale), contrastant avec celle de son pré-prédécesseur (Chavanne, socialiste) comme celle de son successeur direct (Beer, socialiste). Au passage, y a-t-il, au regard de l'histoire, pire jugement que l'oubli réservé par le prof. Aubert à un discret mélomane PDC (Föllmi), pire encore que les oublis de la R'vue...  

Alors que l'élection du prochain recteur est à bout touchant (le 29 octobre 2014 et d'ici à janvier 2015 au plus tard, pour une entrée en fonction prévue pour le 15 juillet 2015), qu'un candidat extérieur de très bonne qualité, ancien recteur d'une université montréalaise de pointe - Mc Gill - s'est retiré dans la plus absolue discrétion, ce qu'on regrettera, que restent en lice un vice-recteur patient, habile, mais du sérail et de qualité - auquel vont les faveurs de la cote et les miennes, si j'ose m'exprimer ès qualités d'ancien enseignant aujourd'hui retraité d'une institution à laquelle j'ai donné, peu ou prou, 40 ans de ma vie - et un ancien doyen (de qualité) de la faculté de droit, l'Assemblée de l'université où même les nettoyeurs ont leur mot à dire - si au moins elle était propre à l'intérieur... Parler de corporatisme, comme la Tribune du 4 octobre tient de la litote, c'est de l'autisme pur et simple !

Sans revenir sur l'excellent dossier consacré à ce choix, voici la liste des défis auquel sera confronté le lauréat de l'une des meilleures universités du monde (top 100 sur 20 000):

  • ne pas se laisser distancer, voire améliorer sa position, quelles que soient les critiques que méritent ces rankings;
  • s'assurer de la solidité de ses financements tout en en recherchant de nouveaux, sans snober le secteur financier, comme a réussi la gageure de le faire le présent recteur, ni le dépôt de brevet
  • conserver son ouverture européenne et internationale, en souhaitant que les étudiants s'engagent par leur votes davantage pour des défis politiques - eussent-ils tous voté non le 9 février plutôt que de geindre par la suite ! - que pour des fêtes sans lendemain offertes par un rectorat spécialiste du panem et circenses (du pain et des jeux);
  • à défaut d'argent, se résoudre, au nom de l'excellence, à faire des choix douloureux en préservant les meilleures branches - sciences et médecine, voire lettres et droit, et qui sait, HEC rebaptisée, en sachant que les facultés et centres délestés des charges de recherche coûtent peu, sinon (peut-être) à court terme à l'assurance-chômage, mais rapportent encore moins;
  • améliorer la qualité de l'enseignement, grâce notamment aux cours en ligne;
  • se positionner face à la concurrence des HES qui montent par bonheur en puissance;
  • ne pas oublier que l'uni, c'est près de 17 000 étudiants et de 4 300 collaborateurs, un budget de 750 millions dont 325 pour la canton. Lui demander neuf millions d'économies, c'est à peine plus d'un pour-cent d'effort. Ce qui reste dans la marge d'erreur, aurait dit mon prof. de statistique... mais qui change du toujours plus des enfants gâtés par la permissivité et l'absence de rigueur de la FPSE !

 

 

 

 

11/09/2013

Hafid Ouardiri: manipulateur un jour, manipulateur toujours !

Hafid Ouardiri est un homme touchant. Dans sa volonté de passer pour un ami de la paix et de l'entente entre les cultures, il est prêt à raconter des mensonges qui font de Pinocchio un parangon de sincérité. Ainsi de son indépendance à l'égard des partis en lutte pour le pouvoir en Égypte.

Pour preuve, son discours de façade dans la Tribune de Genève du 4.9.2013 sous le titre "Égypte: comment sortir du chaos ?". Il y donne force conseils de respect de la démocratie inspirés par le parcours ubuesque du président déchu Morsi. Qu'il conclut par cette phrase: "Je dis tout cela en vous assurant que je ne suis partisan d'aucun des partis en lute pour le pouvoir en Égypte, ce n'est qu'une question de vérité et de justice".

Pour le lecteur crédule, cela passera pour des paroles... du Coran.

Pour l'internaute curieux et non amnésique, pour un exemple flagrant de manipulation. Il n'y a pas besoin d'être Champollion pour déchiffrer la manipulation qui se cache derrière la façade. Il suffit d'aller sur le site de l'un des blogueurs parmi les plus actifs de la toile locale pour saisir l'ampleur de la manipulation à l'œuvre (http://demirsonmez.blog.tdg.ch/archive/2013/07/09/manifestation-pro-mursi-a-geneve-244263.html).

On y découvre Hafid Ouardiri non seulement déambulant (il aurait pu être un simple curieux), mais surtout haranguant, micro en main, les quelques dizaines de Frères musulmans convoqués sur la Place des Nations le 9 juillet 2013, à peine deux mois plus tôt, par son alter ego de la rue de la Grenade (ça ne s'invente pas), siège du Centre islamique des Eaux-Vives, l'ineffable Hani Ramadan. La teneur des affiches ne laisse aucun doute quant au sens des propos. Le poids des mots, le choc des photos, selon la formule de Paris-Match, qui donne plus que l'impression que Hafid Ouardiri est un "compagnon de route" des Frères musulmans. comme Sartre du PCF. Ce n'est pas honteux, c'est son droit, ici, en Suisse, garanti par nos lois. Mais qu'il assume, crénom de sort !

Hafid Luardiri est un coutumier du genre. On se souvient encore de la manipulation - les termes ne sont pas de moi - dont avait presque été la victime la journaliste Catherine Focas en 1989. Son article de l'Illustré en apporte une démonstration éclatante. (http://pierreweiss.blog.tdg.ch/archive/2013/07/16/hafid-ouardiri-le-voileur-devoile-244463.html).

Alors Hafid Ouardiri, un homme enquête de "vérité et de justice" ? Demandez à Orwell, l'inventeur de la novlangue, s'il ne l'aurait pas nommé à la tête du Miniver et du Minijust associés, en fait le ministère non de la vérité et de la justice, mais de leur contraire, le ministère de la propagande et de l'arbitraire.

Car cet homme est bel et bien un des porte-paroles locaux des Frères musulmans, haïs par la majorité des Égyptiens. Mais s'infiltrant partout où le le titre de sa Fondation (financée par qui ?) fait encore illusion sur des Genevois en mal de crédulité (http://www.fec-geneve.ch/).

C'est l'heure de lui rappeler la phrase de Ciceron qui forme l'incipit de sa première catilinaire : quousque tandem Catilina abutere patientia nostra ? Pour les non latinistes (http://www.estelledebouy.net/wp-content/uploads/2011/07/ciceron.pdf): jusqu'à quand, Hafid, abuseras-tu de notre patience ?

Aie au moins le courage de tes opinions, celui dont fait preuve ton Frère Hani Ramadan, un autre docteur en désinformation et mensonges (http://haniramadan.blog.tdg.ch/archive/2013/09/10/egypte-contre-la-conspiration-de-la-desinformation-246820.html). Voilà un ibel exemple d'nternaute qui ne publie que les opinions qui lui sont favorables, surtout si elles sont rédigées en arabe, mais sans traduction (http://haniramadan.blog.tdg.ch/archive/2013/09/05/un-homme-integre-et-devoue-246557.html) !

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28/08/2013

Affaire Ziegler: une élection impossible selon les statuts de la CDH de l'ONU

La fois de trop ? La Suisse a beau transmettre la candidature de Jean Ziegler au Comité consultatif (CC) de la Commission des droits de l'homme de Nations-Unies (CDHNU), elle risque fort de sortir de cette affaire avec une mine confite. Son poulain aussi. En effet, selon les règles adoptées en juin 2007 par cette même commission, (http://ap.ohchr.org/documents/F/HRC/resolutions/A_HRC_RES_5_1.doc) "les membres du Comité consultatif auront un mandat de trois ans. Ils ne pourront se représenter qu'une seule fois.

Or JZ a été élu en 2008 pour un mandat d'une année, puis il a été réélu en 2009 pour un mandat de 3 ans. Selon les règles de l'ONU, JZ est donc inéligible au Comité consultatif selon les règles mêmes de la CDH.

Du coup, l'argument de la diplomatie suisse selon lequel existerait une exception (pour un troisième mandat) dès lors qu'un congé d'une année entre deux mandats serait observé prend sérieusement de l'eau. Or cette exception est une vue de l'esprit.

Elle l'est d'autant plus que le législateur onusien savait très bien comment s'y prendre pour créer pareille exception. En effet, un an plus tôt, l'Assemblée générale (AG) des Nations-Unies avait approuvé la Résolution 60/251, et notamment son article 7 qui prévoyait plus que deux mandats, après une pause, pour le CDH (http://www2.ohchr.org/french/bodies/hrcouncil/docs/A.RES.60.251_Fr.pdf): "Élus pour un mandat de trois ans, les Membres du Conseil ne seront pas immédiatement rééligibles après deux mandats consécutifs". Peut-on être plus clair ?

Le fait que la CDH de l'ONU n'ait pas utilisé cette disposition existante ne fait que renforcer la signification de l'article 74 de la CDH. Donc pas d'exception au Comité consultatif de la CDH de l'ONU, même pour JZ.

Il n'est pas exclu que la diplomatie suisse soit au courant de cette contrainte lourde de la loi internationale. Ou que des diplomates amis ne la rappellent d'ici au jour du vote.... Un peu de patience ne nuit jamais, un peu de finesse juridique non plus.

Reste à savoir si, argument jamais invoqué car me semble-t-il non pertinent, la durée courte du premier mandat altère l'interdiction d'un troisième mandat.

(Version corrigée de quelques erreurs)

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