04/07/2013

Un été arabe

Après le printemps, l'été. Même si les Genevois n'en sont pas conscients, l'été pousse progressivement le printemps à la porte. De même pour les Égyptiens qui, après avoir élu d'un poil le président Morsi, lui ont fait savoir, avec l'appui de l'armée, qu'ils ne voulaient plus de son régime islamiste. Bye bye les Frères ! Il faut dire que la gabegie économique a succédé en Égypte à la corruption du régime de Moubarak. Une confrérie seulement capable d'apporter des aides sociales aux déshérités d'une société en transition vers la modernité, voilà ce que sont sur le fond de leurs compétences les Frères musulmans. Au delà, une organisation qui s'est illustrée en censurant un célèbre humoriste, en restreignant les droits des femmes, trop souvent violées sur la Place Tahrir, en laissant les islamistes attaquer les coptes, en nommant un terroriste, responsable du massacre de touristes suisses, à la tête de Louxsor. De vrais démocrates éclairés, ces Frères musulmans, par bonheur renversés hier 3 juillet 2013. L'histoire retiendra de ce renvoi des islamistes dans leurs madrassas, avec l'appui des autorités religieuses du pays, dont le mufti, qu'il s'est fait grâce à une fantastique mobilisation populaire et finalement sans guere de sang versé. Des millions de signatures -vingt-deux nous dit-on- pour une pétition, dix de plus que Morsi n'en avait obtenu pour son élection à la présidence il y a un an, auront convaincu l'armée que le temps de siffler non pas le retour au désordre ancien, mais la fin d'une expérience qui mettait ce pays à genoux. Les touristes pourront donc retourner en Égypte. Et les vrais démocrates pourront se remettre à espérer. À quand un souffle de contagion vers la Tunisie ? Pour que souffle un vent venu du désert qui y balaiera aussi les obscurantistes.

07:35 | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook | | | |

28/06/2013

SIG et les éoliennes: suite et pas fin

Les investissement consentis par SIG en faveur de l'énergie éolienne amènent à se poser des questions plus précises que dans une récente note de ce blog sur la stratégie énergétique de ce distributeur-producteur d'énergies. Comment SIG justifie-t-il les investissements prévus et leurs conditions ? En particulier, est-il vrai que les producteurs d'énergie éolienne sont payés pour une électricité non produite en cas de surproduction d'énergie ? Quel est le degré de réalisme des localisations prévues par SIG, au sens de leur acceptabilité politique ? Après la cacade subie dans le Gros-de-Vaud, un nouveau test nettement plus important est prévu pour les Crêtes du Jura d'ici moins d'un an, qui risque de mettre à mal les prévisions optimistes de sa direction. Quelle est la solidité du partenaire de SIG, la société du Landeron Ennova ? Peut-on y voir de la part de SIG une prise de risque exagérée quant aux investissements consentis ? Quels sont les mandats, dans leur exhaustivité, attribués par SIG à Isabelle Chevalley? En particulier, sa crédibilité est-elle proportionnelle à ses échecs dans les communes dont elle tente d'arracher, sinon d'acheter l'accord ? Voici ces interrogations, telles que transmises au Conseil d'Etat, par le biais d'une question écrite. http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/Q03726.pdf

17:54 | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

17/06/2013

SIG et les moulins à vent

Tout à sa stratégie d'économies énergétiques (http://www.sig-ge.ch/clients/immobilier/les-energies/economies-d-energie), SIG vient de subir une défaite qui tient de la gifle. Une gifle qui a déplacé pas mal d'air par la force avec laquelle le peuple de deux communes vaudoises l'ont lancée. Daillens, à 78%, et Oulens, à 85%, ont en effet refusé l'érection sur leur territoire de 10 éoliennes qui auraient permis la production de 55000 MWh par an, de quoi satisfaire la consommation de 11000 ménages. Un beau projet dont la population consultée n'a pourtant pas voulu. La conseillère nationale Isabelle Chevalley, présidente de Suisse-éole, indécemment agressive à l'égard de ses adversaires, et qui soutenait activement le projet de SIG, devra faire preuve à l'avenir de plus de capacité diplomatique pour convaincre les citoyens. Et de moins d'arrogance, voire de méchanceté gratuite. Pour l'heure, avec ce projet, la voilà partageant le sort de Scarlett O'Hara: partie avec le vent... ("Gone with the wind")... Et pas plus prête de séduire les paysans du Gros-de-Vaud que Scarlett les planteurs de Géorgie. Mais cette opération ratée dans les grandes largeurs pose en tout cas trois ou quatre questions aux Genevois, clients quasi captifs de SIG: - Combien SIG a t-il investi dans cette stratégie éolienne au fil des ans ? - Quels résultats l'entreprise étatique a t-elle obtenu en termes de production énergétique, sur combien de sites ? - Quel est le prix réel du kilowatt d'électricité éolienne compte tenu des investissements décidés ? Et, subsidiairement, quel est le rôle encore tenu par l'égérie des Verts libéraux vaudois au sein de SIG ? Ses compétences humaines, sinon scientifiques, posent en effet problème. Il suffit de penser à la façon dont elle a traité Philippe Roch. Alors que l'ancien directeur de l'Office fédéral de l'environnement est atteint dans sa santé par une méchante tumeur au cerveau, elle n'hésite pas à "douter de son équilibre mental" (http://www.illustre.ch/Philippe-Roch-tumeur-cerveau-operation-cerveau-Roch-tumeur_165653_.html). Le monde a priori aimable des énergies renouvelables cache de sacrées luttes. L'image de SIG ne peut que patir d'être associée à la "passionaria des éoliennes". Plus généralement, il serait temps que le Grand Conseil genevois mette son nez dans des opérations qui ressemblent au moins en partie à des moulins en Espagne.

21:48 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

11/06/2013

La DGM bloque sciemment le trafic automobile en multipliant les arrêts TPG

 

II n’y a pas de bonne ou de mauvaise pollution due au trafic automobile, contrairement au bon et au mauvais cholestérol. Il n’y a que des émissions de gaz toxiques, qu’ils proviennent directement ou indirectement (par effets reportés sur le trafic privé) des véhicules effectuant des transports publics ou qu’ils soient émis par les véhicules affectés au trafic privé.

 

Il y a pourtant des moyens de lutter contre l’augmentation de la pollution de l’air. Certains sont dus au progrès technique, qui diminue la consommation d’essence des voitures (moteurs et pneumatiques plus économes, revêtement de la chaussée plus roulant). D’autres à la modification des comportements (choix de nouvelles technologies recourant à l’électricité, y compris d’origine nucléaire, moteurs électriques pour les voitures, report sur le train à la place de la voiture avec moteur à explosion). D’autres enfin, à une utilisation intelligente de la voirie ou de la signalisation.

 

Apparemment, à Genève, la DGM n’a pas choisi cette voie – si j’ose dire … -  pour les TPG qui n’en peuvent mais, et paient en augmentation de leur impopularité auprès de la population. On y constate plutôt une multiplication des files d’attente, des bouchons pour utiliser un mot du langage courant, due à la création d’arrêts de bus empêchant les voitures de dépasser les véhicules des TPG. Cela se fait notamment par l’inflation du nombre d’ilots centraux ou l’interdiction de dépassement par la pose d’une ligne blanche. En matière de politique de gribouille, on ne saurait faire mieux ! Alors qu’il serait si simple de créer des évitements permettant des dépassements. Pire : il y a même des exemples où des sites propres sont supprimés pour bloquer le trafic à l’arrêt des bus !

 

Illustrons notre propos par deux exemples opposés. Dans le village de Lully, il y a un arrêt TPG (dans chaque sens) où un évitement a été créé, qui « mange » certes sur le large trottoir, mais qui permet aux voitures, aux camionnettes de livraison comme aux camions de ne pas devoir patienter, émettre des gaz d’échappement et perdre du temps qui, pour les entreprises, est de l’argent.

 

En revanche, sur la route de Base, à la hauteur de la zone industrielle et au Grand-Lancy, à proximité du cimetière, un îlot central empêche tout dépassement alors que plusieurs arrêts de TPG se succèdent. Résultats : des bouchons se créent, du temps se perd, de l’essence si chère et, paraît-il, si rare, se consomme en vain, la qualité de l’air se dégrade, les automobilistes s’énervent et pestent contre leurs autorités.

 

Or, contrairement à ce que certains croient, les TPG ne sont pas responsables de cette situation chaotique sciemment créée, mais, renseignement pris auprès de la régie publique des transports, les décisions sont prises par la très restructurée (mais apparemment pas encore assez) Direction générale de la mobilité (DGM) qui dépend du DIME.

Une DGM qui a une seule fixation: bloquer le trafic automobile pour contraindre les automobilistes, dégoûtés de devoir patienter des heures dans l'année pour se rendre à leur travail avec leurs voitures, à utiliser des transports publics eux-mêmes engorgés aux heures de pointe... Et pour rendre la chose encore plus irréversible, la DGM élargit sans la moindre justification objective les trottoirs pour piétons et cyclistes, comme au Pont Wilsdorf.

Dire qu'il y a besoin de retour de balancier pour mettre fin à cette politique reflétant une idéologie unilatérale, cherchant des excuses, telle la peine que les bus ont à se réinserer dans le trafic après leurs arrêts, vers un juste milieu prenant pragmatiquement en considération les intérêts de tous les utilisateurs de la route en fonction de leur importance numérique réelle est une litote. 

 

On peut imaginer que cette mesure dite, en langage politiquement correct, de modération du trafic, mais en français courant de blocage des voitures, participe d’une politique de sécurité. Encore faudrait-il disposer d'une statistique du nombre d’accidents causés par les arrêts TPG « intelligents » mais apparemment démodés, qui permettent le dépassement des véhicules des TPG et n’impliquent pas l’arrêt des voitures privées.

 

La DGM devrait donc produire le décompte du nombre d’arrêts TPG obligeant le trafic à s’arrêter, avec l’effet collatéral de contribuer à la pollution de l’air et quantifier l’augmentation de la pollution qui en résulte, voire le coût de cette mesure pour l’économie cantonale.

A défaut, on considérera que sa gestion de la question des arrêts TPG justifie les soupçons que l'on peut avoir sur l'idéologie du blocage du trafic privé qui l'anime, au détriment de la mobilité multimodale des Genevois. 

 

14:17 | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | |

07/06/2013

Imposition selon la dépense: le Portugal a compris, la gauche genevoise n'a rien appris

Face à la crise dans lequel il s'est enfoncé, le Portugal a pris le taureau par les cornes en décidant, entre autres mesures de relance, à compter du 1er janvier 2013 d'exonérer de l'impôt sur le revenu, sur la fortune, sur les successions et les donations les (riches) étrangers retraités qui y acquerront un bien immobilier (http://www.algarverealestate.com/imagens/blog/informacoes/DL-249-2009-codigo-geral-investimento.pdf). Face à l'absence de crise qui fait de notre canton et de notre pays des endroits dont les habitants se classent parmi les plus heureux du monde, où la redistribution sociale fonctionne à plein régime en faveur de ceux qui peinent à s'adapter à une économie exigeante et où plus du tiers des contribuables ne paient pas le moindre impôt, la gauche genevoise et helvétique ne rêve que de scier la branche de l'arbre de vie qui est à la base de notre prospérité. Au nom de son principe d'égalité absolue dont elle est la prisonnière aveugle. Peut-on rêver plus belle opposition? Le pauvre portugais veut devenir moins pauvre en attirant des riches étrangers retraités, et le riche suisse ou genevois s'ingénie à devenir pauvre en chassant les riches étrangers inactifs ! Parions que le peuple ne se passera pas tromper par ce genre d'initiatives suicidaires pour les pauvres d'ici. Quelques informations sur l'intelligence portugaise mise en action en raison d'une nécessité qui rend ingénieux. Chacun à Genève sait combien ce pays produit de courageux et habiles travailleurs. Par dizaines de milliers, les Portugais sont venus dans notre canton où ils forment la plus importante colonie étrangère, au point d'y avoir dépassé l'immigration italienne, puis espagnole qui a contribué à notre richesse collective depuis l'après-guerre. Voici maintenant que le Portugal nous accueille, pour autant que nous soyons reteaités ou sur le point de le devenir et attirés par sa culture et son histoire, la douceur de son climat, la beauté de ses villes et ses 365 recettes de morue, en nous y exonérant totalement d'impôts, pour autant que nous n'y ayons pas résidé dans les 5 ans précédant l'acquisition d'un bien immobilier, condition sine qua non à son offre, et que nous soyons prêts à y passer au moins 183 jours par an (pour plus de détails, voir http://www.challenges.fr/patrimoine/20130502.CHA9058/le-portugal-nouveau-paradis-fiscal-pour-riches-retraites-etrangers.html). A noter que l'Union européenne n'y a rien trouvé à redire, contrairement à ce que prétendent nos belles âmes de gauche locale. Cerise sur le gâteau, ou plutôt noze sur les ovos moles, le marche immobilier portugais est lui aussi frappé par la crise et les prix d'achat de biens immobiliers s'y sont effondrés. Alors, cap à l'ouest, vers le pays des Grands Navigateurs qui, eux, n'ont pas perdu le nord.

10:42 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

02/06/2013

"Les Verts veulent des bobbies" ou la sécurité selon le bisounours Hodgers

Brûlant la politesse à (ou simplement précédant) la présentation par son parti de son programme pour les élections cantonales de cet automne (Tribune de Genève du 31 mai 2013), Antonio Hodgers, candidat au conseil d'Etat et ancien acteur-médiateur du G8 de 2003, encore dans toutes les mémoires genevoises pour les destructions subies par habitants et commerçants, propose des "bobbies" non armés, sous-formés et sous-payés aux Genevois (Tribune de Genève du 30 mai 2013). Et la Tribune de résumer son propos en écrivant que "le parti écologiste entend se réapproprier le thème de la sécurité" "pour ne pas laisser ce thème à la droite". Toutes les idées méritent d'être étudiées. Les plus loufoques nées dans la tête des bisounours aussi.

Vouloir "lutter contre la petite délinquance en renforçant la présence policière sur le terrain", l'idée est certes intéressante. Réussir à distinguer ces bobbies dont les compétences seraient plus "relationnelles" que "répressives", voilà qui est tout à fait dans la logique verte où le gendarme court derrière le criminel en l'assurant qu'il ne pourra pas lui tirer dessus, mais seulement l'appeler poliment à la raison. Il suffit d'imaginer la tête du dealer détalant comme un lapin pour conclure à l'inanité de pareille idee. On voit malheureusement que Rousseau avec son idee d'homme né bon continue de faire des dégâts.

Sans savoir si le terme de bobbies utilisé par la Tribune revient à sa rédactrice ou à celui qui présentait cette trouvaille (même si l'on peut avoir des doutes favorisant Antonio Hodgers connu pour ses capacités d'images médiatiques), on comprend vite qu'avec ce genre d'idées, les Verts continueront de ne pas être crédibles aux yeux de la population en matière de sécurité, contrairement au PLR et à la politique efficace car réaliste menée par Pierre Maudet et Olivier Jornot qui peuvent déjà se vanter de résultats probants. Alors qu'ils n'ont jamais joué les matamores en assurant nettoyer Genève de ses délinquants et autres criminels en 45 jours, contrairement à un autre spécialiste auto-déclaré de la sécurité qui s'est fait plus discret, lui... Mais c'est une autre histoire.

Pour le moment, laissons les Verts poursuivre aimablement leur chemin de campagne. La direction générale de la mobilité (DGM) dont il est inutile de rappeler qu'elle est sous la férule de l'autre candidate verte au conseil d'Etat, Michèle Künzler, ne manquera pas de leur préparer une onde... verte dont elle s'est fait une spécialité connue de tous les Genevois. Et donc d'accélérer leur descente...

17:49 | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | |

24/05/2013

Vélibs: Berne privilégie le système biennois

Pas de chance pour les TPG et leur choix de système de vélos en libre-service (vélibs).

Après avoir dû dénoncer l'adjudication en faveur d'une société montréalaise connaissant des problèmes financiers et technologiques, voici maintenant le responsable de la mobilité douce de la Ville de Berne, la capitale de la Suisse, qui préfère le velospot - système léger et flexible dit de "quatrième génération", développé à Bienne et adopté aussi par les villes du canton de Neuchâtel (Neuchâtel, la Chaux-de-Fonds, Le Locle) ainsi que, dans une version analogue appelée "call a bike", par la Deutsche Bahn (DB) dans plusieurs villes allemandes -, au système lourd et peu flexible, dit de "troisième génération", encore en usage dans la plupart des villes françaises, notamment. Un peu comme les téléviseurs couleur à écran plat qui ont mis un certain temps pour remplacer les téléviseurs noir et blanc à tube cathodique.

En effet, l'un des arguments-massue des opposants au velospot biennois était qu'il pouvait à la rigueur fonctionner dans des petites villes, comme Bienne, mais pas dans une grande métropole comme Genève. 

Or, que dit ce responsable, dans un courrier qui nous a été transmis, qu'il entend porter à la connaissance des décideurs : "Das System Velospot halte ich persönlich für das mit Abstand beste bisher. Ich kenne mittlerweile einige Systeme, aber Velospot hat entscheidende Vorteile: Flexibilität und relativ niedrige Kosten".

Soit, en français: "Je considère personnellement le système velospot comme de loin le meilleur à ce jour. J'ai connu entre-temps quelques systèmes, mais Velospot montre des avantages déterminants: flexibilité et coûts plus bas". Et de plaider aussi pour son adoption par un large nombre de villes suisses.

Il faudra donc que le DIME, et notamment sa cheffe, Michèle Künzler, explique pourquoi le choix que se prépare à faire Berne ne pourrait être aussi envisagé par Genève lorsque ce point sera traité par le parlement genevois, probablement à sa prochaine session. Car Berne, à notre connaissance, est une ville dont le nombre d'habitants (125 000) est nettement plus proche de celui de Genève (192 000) que de celui de Bienne (50 000). 

A moins que le but de Michèle Künzler ne soit tout simplement de maximiser les coûts pour les communes en faveur d'une offre de mobilité douce souhaitable pour Genève ! Car pourquoi (faire) dépenser moins quand on peut (faire) dépenser plus (aux communes) ? 

18:11 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

21/05/2013

Voulez-vous gagner des millions avec le PLR ?

Voulez-vous gagner des millions ? Cette phrase n'est pas que le slogan d'un jeu télévisuel sur TF1 depuis l'an 2000, mais pourrait devenir réalité pour les citoyens suisses, peut-être même dès l'an prochain. Il faudrait et suffirait pour cela que le projet d'initiative parlementaire né dans le cerveau du conseil national PLR Hugues Hiltpold visant à diminuer l'impôt fédéral direct (IFD) de 10% à 15% soit accepté par les Chambres fédérales. Un projet qui ne pourrait que séduire la droite du Palais fédéral, et pas nécessairement effrayer sa gauche. 

Le processus serait à coup sûr renforcé si un ou plusieurs cantons se portaient à son appui, en vertu des dispositions de l'article 160 de la Constitution fédérale. A cet égard, les déclarations de président du PLR genevois ne laissent aucun doute quant à la détermination qui va animer le plus grand parti cantonal. 

Quelques chiffres. On rappellera, pour mémoire, que l'IFD a rapporté en 2012 18.3 milliards (dont 9,8 milliards au titre de imposition du revenu des personnes morales et 8,7 milliards au titre de l’imposition du bénéfice des personnes physiques), en hausse de 450 millions par rapport à 2011, aux recettes de la Confédération qui en totalisent 62,3 milliards.

Une forte croissance de l'IFD est même attendue pour 2013 (19 milliards sur un total de recettes de 64.5 milliards) ainsi que pour les années 2014 à 2016, grâce notamment à la bonne santé des entreprises (Chiffres tirés du Compte d'Etat 2012 et de la présentation d'octobre 2012 du Budget 2013 - Plan financier 2014-2016).  

Annoncé dans le Matin dimanche du 19 mai 2013, le projet d'initiative parlementaire d'Hugues Hiltpold ambitionne une diminution de 12% de l'IFD pour les seules personnes physiques, soit une augmentation du pouvoir d'achat de la classe moyenne de un milliard environ. Et donc contribuer à la relance de l'économie, éloignant d'autant les problèmes d'une crise économique dont ce pays est menacé en raison des incertitudes pesant notamment sur son secteur financier.

Il ne s'agit pas ici de détailler la santé financière insolente de la Confédération, en comparaison européenne, depuis bientôt une décennie, grâce notamment à l'introduction du frein à l'endettement en 2003 qui a permis la progressive élimination des déficits structurels et une réduction massicve de la dette d'environ 20 milliards entre 2005 et 2009.

Il est plus approprié de rappeler le caractère fortement progressif de l'IFD qui s'ajoute, comme chaque contribuable genevois ne le sait que trop bien, aux impôts communaux et cantonaux. Fortement progressif, car si le taux de l'IFD n'est que de 0,77% pour les revenus des personnes seules ayant un revenu imposable compris entre 17 800 F et 31 600 F, il atteint pour ces mêmes contribuables 13,2% entre 176 100 F et 755 200 F. Cela le fait varier entre 25,41 F (!) d'impôt annuel et 86 848 F. A noter que pour les contribuables mariés, l'imposition ne commence à frapper qu'à partir de 30 800 F, avec des taux très légèrement inférieurs (de 1% à 13%).

Mais on voit surtout dans la progressivité des pourcentages que les contribuables sont fortement touchés dès lors que leur revenu imposable atteint environ 100 000 F pour les personnes seules, et 130 000 F pour les contribuables mariés. Soit la classe moyenne frappée de plein fouet par les augmentations de diverses taxes, dont les cotisations d'assurance maladie, qu'il convient de défendre autrement que par des slogans électoraux.

D'autres données, disponibles sur le site du Département fédéral des finances, existent sur la répartition par centiles des contribuables; des rappels pertinents seront faits le moment venu.

Mais coupons le cou d'ores et déjà à l'objection consistant à dire que cette diminution de l'IFD démantèlerait l'Etat: les recettes prévues pour 2016 par la Confédération sont de 71,4 milliards, soit 9,1 milliards de plus qu'en 2012 ! Une restitution à la classe moyenne de l'ordre d'un milliard ne serait que l'expression de justice sociale et d'efficacité économique en une seule décision ! De reconnaissance aussi pour leur contribution au bien-être collectif. 

Bref, voici un domaine où il convient d'être aussi rapide que l'éclair. 

19:02 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

09/01/2013

Les vélospots ont conquis les villes neuchâteloises. À quand Genève ?

Le Réseau des trois villes neuchâteloises (Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds et Le Locle), trois villes à majorité de gauche, ont opté pour le système de vélos en libre service Velospot développé par la ville de Bienne, elle aussi à gauche. Et refusé comme un malpropre, en tout cas pour le moment, par le DIME et les TPG à Genève. Trop bon marché, trop avancé technologiquement, trop suisse (alémanique), trop à gauche... ? Qui sait. Dès la belle saison, indique le communiqué de presse du Réseau des trois villes du 8 janvier 2013, un réseau de 180 vélos réparti sur 20 sites sera progressivement mis à disposition de la population de ce canton. Et les trois villes de justifier leur choix. À leurs yeux, Velospot est "un système moderne, flexible et durable, tant au niveau de son infrastructure que de son coût et de sa souplesse. Le système propose des structures discrètes et permettant l'utilisation du mobilier urbain habituel. Les coûts modérés de Velospot permettent de conserver des tarifs attractifs pour les utilisateurs et de faciliter les extensions futures du réseau dans ou hors des villes." Pendant ce temps, à Genève, on espère que la prochaine session du Grand Conseil permette enfin de savoir si le système Biennois, nettement moins cher, en particulier pour les communes, pourra être étudié par sa commission des finances. On espère, mais sans la moindre certitude. En effet, du côté des partisans féroces de la solution dispendieuse de la conseillère d'Etat Künzler, les innovations, même suisses, ne semblent pas goûtées. Or la différence de coût - 31 millions sur 5 ans pour la proposition du DIME contre 12 millions pour celle de Velospot - est sans appel. Au surplus, on se réjouit de savoir pourquoi les magasins de cycles genevois ou leur association n'a jamais été entendue sur ce projet par le DIME ou les TPG, ne serait-ce que pour donner leur avis d'experts, et non pas nécessairement pour louer leurs services. Un DIME qui n'a pour seul interlocuteur que l'association GeneveRoule subventionnée - chichement - par ce même DIME...

17:46 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

29/10/2012

Didier Bonny et les râteliers

Qui est actuellement 1er des "viennent ensuite" sur la liste des candidats PDC au Grand Conseil, avec 8 238 voix ? Didier Bonny.

Qui n'a pas évoqué ce fait dans sa campagne "indépendente" pour l'élection de cette semaine au Conseil administratif ? Didier Bonny. L'aurait-il oublié, tout occupé à sa campagne sur son triporteur ?

Or, de deux choses l'une. Soit Didier Bonny est réellement indépendant, et renonce à priver d'un siège au Grand Conseil son ex-parti - car il en a démissionné, pis encore, il le combat sans la moindre vergogne en s'opposant à Guillaume Barazzone, le candidat-maison. Soit Didier Bonny n'a plus aucun sens de la décence, et occupera un siège de député - celui de Guillaume Barazzone, élu au 1er tour dimanche au Conseil administratif, espérons-le !  Mais un siège qui ne lui donnera accès à aucune commission, faisant de lui le Mauro Poggia du parlement cantonal (un autre transfuge, mais c'est une autre vieille histoire, comme disait Kipling).

En toute légalité.

Mais avec le sens moral qui caractérise ceux qui voudraient manger à deux râteliers. Et qui profitent d'avoir été élu grâce à ceux qu'ils se sont mis à combattre.

Bref, il est temps que Didier Bonny sorte de l'ambiguïté. Ses électeurs et surtout ceux de Guillaume Barazzone lui en sauront gré.

18:09 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

26/10/2012

Mise à jour: Les futures rentes des fonctionnaires genevois, sans ou avec liquidation de la CIA et de la CEH

Mise à jour importante concernant les montants en cas de liquidation 

Le 31 octobre à midi, les Genevois sauront si le syndicat SSP/VPOD et ses improbables alliés référendaires (Solidarités, Avivo et… UDC) auront réussi à récolter 7 000 signatures contre la loi de fusion des caisses de pension CIA et CEH. Et ce (mal)faisant, à faire exploser le difficile et coûteux compromis atteint par une très large majorité du Grand Conseil, pavant ainsi la voie à une loi nettement moins généreuse, voire à une liquidation pure et simple de ces caisses publiques. Rappel : les retraités actuels et les fonctionnaires qui prendront leur retraite d’ici au 1er janvier 2014 voient leurs retraites garanties par l’Etat, y compris en cas de liquidation !

Certes, les rentes vont baisser et les fonctionnaires devront travailler plus longtemps pour limiter les diminutions de rentes (ou augmenter ces mêmes rentes), mais ces dernières n’auront strictement rien à voir avec les conséquences d’une liquidation.

Dans cette hypothèse, pour ne prendre que deux exemples extrêmes concernant les célibataires, la rente (incluant l’AVS) des fonctionnaires de la classe la plus basse (4) pourrait alors passer au pire de 57 778 F à 46 133 F (environ), celle des fonctionnaires de la classe la plus haute (32) pourrit chuter au pire de 158 975 F à 47 840 F (environ). Pour les fonctionnaires mariés, la rente (incluant l’AVS) pourrait tomber au pire de 51 245 F à 39 600 (environ) pour la classe 4, elle pourrait s’effondrer au pire de 152 015 F à 40 880 F (environ) pour la classe 32. Autant dire que l’attractivité de la fonction publique, basée en bonne partie sur de retraites généreuses, y compris avec la loi adoptée par le Parlement, aurait vécu.

Il convient toutefois de préciser que la rente maximale de 20 000 F (environ) versée par l'Institution supplétive (IS) ne concernerait que les assurés ayant été soumis depuis 1985, année d'entrée en vigeur de la LPP, aux prestations minimales de la LPP. Pour ceux-là, le montant est calculé chaque année par l'OFAS et précisément connu: 19722 F pour les hommes à 65 ans et 20 367 F à 64 ans pour les femmes.

Pour les assurés ayant commencé leur carrière après l'entrée en vigueur de la LPP (ce qui sera le cas de tous les assurés à partir de 2025), la rente  minimale LPP devrait se situer entre 20 000 F et 25 000 F.

Enfin, pour les assurés ayant fait une partie de leur carrière selon un plan plus favorable que le minimum LPP (par exemple celui offert par la CIA et la CEGH) et une autre selon le minimum LPP (offert par l'IS en cas de liquidation), le niveau de leur rente sera influencé par la durée de la première partie de leur carrière et donc par le montant de leur avoir de vieillesse précédant leur arrivée dans la caisse régie selon le minimum LPP. 

Précision : ce scénario-catastrophe de liquidation n’est pas seulement celui de l’auteur de cette note, par ailleurs rapporteur de majorité de la loi 10847 au Grand Conseil ; il est partagé par les instances dirigeantes de la CIA qui n’ont pas hésité à prendre position publiquement. Et même le Cartel intersyndical de la fonction publique ne l’exclut pas.

Ajoutons que les membres de la CEH auraient tort de se croire à l’abri de pareille évolution. Sans plans d’assainissement et de financement adoptés par le Grand Conseil et par l’autorité de surveillance d’ici au 31 décembre 2013, la liquidation de leur caisse est programmée.

Aussi, après avoir montré les rentes de quelques catégories spécifiques (deux dont les rentes vont baisser : les enseignants du secondaire de même que les assistants sociaux et les infirmiers, et sept – les moins payées – dont les rentes vont augmenter ou rester stables) au fil de trois notes sur ce blog, le moment est venu de publier un tableau intégral comprenant toutes les classes de traitement, sans et avec liquidation des caisses.

A chaque citoyen, et notamment à chaque fonctionnaire, de décider si le chaos qui en résulterait mérite son paraphe.

[Cliquez sur le tableau ci-dessous pour l'agrandir]

Weiss cia che 26 oct 2012.jpg

17:40 Publié dans Genève, Politique, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

25/10/2012

Le raciste et antisémite Seba a été refoulé. La LICRA Genève est soulagée

Le principe de précaution a prévalu. La LICRA Genève se félicite de l'action du conseiller d'Etat Pierre Maudet, chef du département de la sécurité, qui a empêché la venue dans le canton de Kémi Seba, un agitateur raciste, promoteur d'un apartheid total entre blancs et noirs. Soulagé par cette nouvelle, la LICRA Genève est toutefois inquiète face aux actions menées par les milieux à l'origine de l'invitation de ce personnage condamné dans son pays à une peine de prison en 2007 pour antisémitisme.

A l'initiative de la police genevoise, l'Office fédéral de la police a interdit l'entrée et donc le séjour en Suisse de Kémi Seba, un agitateur de nationalité française, invité à Genève pour y donner une "conférence" qui aurait dû se tenir samedi 27 octobre 2012. Les autorités genevoises ont refoulé à sa descente d'avion à Cointrin ce jeudi et remis aux autorités de son pays ce "ministre" de la section francophone du New Black Panther Party.

La crainte qui a été jugée fondée d'entendre ledit "ministre" inciter à la haine raciale et en appeler à la violence a convaincu les autorités fédérales et cantonales d'agir sans tergiverser. Attachée à la liberté d'expression dans le respect de la législation en vigueur, la LICRA Genève ne peut qu'être soulagée par cette décision.

Toutefois, il n'en va pas seulement des "thèses" défendues par ce partisan d'un apartheid absolu entre noirs et blancs, responsables de la condition des premiers dans le cadre d'un "complot" ourdi par les sionistes et les juifs - une accusation agitée compulsivement par les milieux racistes et antisémites. Il y a aussi l'écho local qui leur est donné.

La LICRA Genève ne saurait ainsi cacher son inquiétude face aux activités du groupuscule anti-antiraciste, anti-antifascite et antisémite "Egalité et Réconciliaiton" ayant invité Kémi Seba et notamment de son relai, "Genève non conforme". Rappelons que cette association, opposée à la coexistence pacifique des cultures et faisant son bouc émissaire de la mondialisation aux ordres de la finance mondiale (!), a fait entre autres l'objet d'une plainte de la LICRA et a été condamnée pour avoir été l'auteur d'une affiche antisémite appelant au meurtre des juifs à l'occasion de la fête nationale du 1er août 2011. Ce qui revient à passer des idées délirantes à l'abjection violente. 

Pierre Weiss,

président de la LICRA (Genève)

 

Voir aussi 

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Les-auteurs-d-un-...

 

   

 

 

 

22:53 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

15/10/2012

Rentes des infirmiers et des assistants sociaux : le SSP/VPOD ne sait pas compter

Quand on veut tuer son chat... Pour le quarteron qui a entrainé le SSP/VPOD à lancer un référendum pour torpiller la fusion des caisses de pension publiques (CIA et CEH), tous les moyens, toutes les allégations et même tous les mensonges sont bons, pourvu qu'ils fassent PEUR. Après les cas déjà traités sur ce blog des enseignants du secondaire et des basses classes de traitement (pour lesquelles les rentes de la future caisse de pension augmenteront), voici le tour des infirmiers et des assistants sociaux, gravement abusés par les référendaires.

Le choix du SSP/VPOD de cibler sur ces catégories de personnel ne tient pas du hasard. Ce sont là deux catégories de personnel où ce syndicat trouve nombre de soutiens pour ses actions, dont les "débrayages". En travestissant grossièrement la réalité, son but est clair: obtenir à coup de désinformation les signatures des uns et des autres. En rétablissant cruellement (pour le SSP/VPOD) les faits, le mien l'est tout autant: faire échouer un référendum lancé sur les bases branlantes.

Exemple: en affirmant que cette fusion entrainerait "une diminution massive des pensions (les diminutions seraient d'environ 1 000 frs par mois pour les salariés en classe 15, une classe médiane)", les tracteurs (ou auteurs du tract...) multiplient quasiment par trois la réalité ! En effet, en cas de retraite maximale, après 37 ans de cotisation pour les infirmiers bénéficiaires d'une clause de pénibilité, 40 ans pour les assistants sociaux, la retraite maximale de la future caisse de pension de l'Etat de Genève (CPEG) serait de 54 753 F, alors qu'elle est encore de 59 027 F. Soit une différence de 4 274 F par an, ou 356 F sur 12 mois. Un montant, presque le tiers, qui n'a tout simplement rien à voir avec les affirmations du SSP/VPOD. Faut-il encore ajouter que la diminution serait inférieure pour les rentes non maximales ou vaut-il mieux renvoyer le SSP/VPOD à l'école primaire pour apprendre à calculer ? 

Ajoutons une considération générale concernant l'argument du SSP/VPOD selon lequel "le lancement du référendum pourrait entraîner une dégradation supplémentaire des conditions de retraite des assurés CIA et CEH". Le soutien récent de l'UDC - qui s'était abstenu au Grand Conseil - au référendum devrait suffire pour enlever toute illusion aux membres de la fonction publique. Le résultat obtenu par la loi adoptée au Grand Conseil est le meilleur qu'ils pouvaient espérer dans les circonstances présentes. Le prochain, ultime étape avant la liquidation, sera nettement plus rigoureux.

Indiquons d'ores et déjà que la liquidation fera l'objet d'une autre note. Et là, il y aura vraiment de quoi prendre PEUR !

Précisions qui ont leur importance: les chiffres qui suivent s'entendent pour des retraites après une carrière complète (CEH: 37,5 ans, CIA: 38 ans, CPEG: 40 ans), en annuité 22, avec un taux d'activité et un taux moyen d'activité de 100%; les rachats éventuels ont été effectués le cas échéant; ils ne donnent aucune indication sur les mesures transitoires pour les personnes proches de la retraite qui ont intérêt à s'adresser à leur caisse de pension pour le calcul précis de leur rente future. Ils concernent les infirmiers et les assistants sociaux célibataires, mariés et les couples d'infirmiers et d'assistants sociaux concubins et mariés.

Traitment légal brut : 114 946 F

Traitement net: 97 888 F

Rente CIA et CEH (actuelle) pleine: 59 027 F

Rente CPEG (future) pleine: 54 753 F

Rente AVS pleine (célibataire):  27 840 F

1/2 Rente AVS pleine (marié):  20 880 F

Rentes AVS + CPEG en F et % du traitement net (célibataire) : 82 593 F, soit 84%

Rentes AVS + CPEG en F et % du traitement net (marié) : 75 633 F, soit 77%

Rentes AVS et CPEG en F et % du traitement net pour un couple d'infirmiers ou d'assistants sociaux concubins: 165 186 F, soit 84%

Rentes AVS et CPEG en F et % du traitement net pour un couple d'infirmiers ou d'assistants sociaux marié : 165 186 F, soit 77%

Rappel: le mandat constitutionnel prévoyait que l'AVS et le 2ème pilier devaient couvrir 60% du revenu.

Ces chiffres se passent à ce stade de tout autre commentaire.

   

11:45 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

08/10/2012

Grâce à la fusion CIA-CEH, des rentes vont augmenter

Une augmentation, parfois sensible, des rentes des fonctionnaires grâce à la fusion de la CIA et de la CEH. Voilà ce qu'offrira bel et bien la future caisse de pension de l'Etat de Genève (CPEG) aux collaborateurs de l'Etat se situant dans les classes de traitement 4 (la plus basse) à 8, et une quasi stabilité pour les fonctionnaires des classes de traitement 9 (secrétariat) et même 10 (commis administratifs).

A noter que la classe 5 comprend les travailleurs du nettoiement, la classe 6 les machinistes conducteurs, la classe 7 des commis administratifs, la classe 8 des employés à l'exploitation de l'informatique.

On peut regretter ces augmentations de rentes, en se plaçant du côté des contribuables ou même des cotisants à des caisses de pension privées, ou se féliciter de la générosité d'un conseil d'Etat qui a été très large avec l'argent des contribuables au fil des négociations qu'il a menées avec le Cartel intersyndical de la fonction publique, mais telle est la réalité.

Le comble est que le quarteron d'idéologues du syndicat SSP/VPOD qui a décidé du lancement d'un référendum refuse de lire les chiffres. Et de prétendre à une "diminution massive des pensions (les diminutions seront d'environ 1000 F par mois pour la salariés en classe 15, une classe médiane)". Un montant tout ce qu'il y a de plus faux, comme cela sera documenté dans un prochain épisode qui intéressera plus particulièrement les assistants sociaux concentrés dans cette classe.

Pour le moment, voici les chiffres pour la classe de traitement 4 qui concerne des personnes procédant à des entretiens d'immeubles (effectifs en 2011: 139 personnes). Répétons qu'il s'agit là des salaires les plus bas de l'Etat de Genève.

Précisions qui ont leur importance: ces chiffres s'entendent pour des retraites après une carrière complète (CEH: 37,5 ans, CIA: 38 ans, CPEG: 40 ans), en annuité 22, avec un taux d'activité et un taux moyen d'activité de 100%; ils supposent, le cas échéant, que les personnes concernées ont comblé leurs lacunes en la matière par le biais de rachats.

Ils concernent des fonctionnaires célibataires, mariés et les couples de fonctionnaires concubins et mariés.

Ils ne donnent pas davantage d'indication sur les mesures transitoires pour les personnes proches de la retraite qui ont intérêt à s'adresser à leur caisse de pension pour le calcul précis de leur rente future. Le lecteur intéressé se référera toutefois à l'art. 99 du projet de règlement transitoire de la future CPEG qu'il trouvera à l'annexe 2.1 du rapport de majorité sur le PL 10947-A (disponible à l'adresse  http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL10847A.pdf).

Traitment légal brut : 72 854 F

Traitement net: 62 501 F

Rente CIA (actuelle) pleine: 29 255 F

Rente CEH (actuelle) pleine: 30 918 F

Rente CPEG (future) pleine: 31 645 F

Rente AVS (célibataire):  26 133 F

1/2 Rente AVS (marié):  19 600 F

Rentes AVS + CPEG en F et % du traitement net (célibataire) : 57 778 F, soit 92%

Rentes AVS + CPEG en F et % du traitement net (marié) : 51 245 F, soit 82%

Rentes AVS et CPEG en F et % du traitement net pour un couple entretenant des immeubles concubins: 115 556 F, soit 92%

Rentes AVS et CPEG en F et % du traitement net pour un couple entretenant des immeubles marié : 102 490 F, soit 82%

Rappel: le mandat constitutionnel prévoyait que l'AVS et le 2ème pilier devaient couvrir 60% du revenu.

Ces chiffres se passent à ce stade de tout autre commentaire.

11:41 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

05/10/2012

Le vrai montant des futures retraites des enseignants

Les contre-vérités - en français courant les mensonges -, les approximations médiatiques - en clair, l'intox -, les comparaisons biaisées sont le pain quotidien des opposants à la fusion des caisses de pension publiques.

D'où la nécessité de rétablir les chiffres dans leur dureté peut-être, dans leur exactitude certainement. En commençant par ceux qui concernent la catégorie la plus fréquente parmi les actifs de la CIA, à savoir les maîtres et maîtresses de l'enseignement secondaire, cycle et collège confondus. Pour les 2 807 postes concernés (et 4156 enseignants, compte tenu des personnes à temps partiel), voici LA réalité à laquelle ils seront confrontés dès le 1er janvier 2014.

Précisions qui ont leur importance: ces chiffres s'entendent pour des retraites après une carrière complète (CIA: 38 ans, CPEG: 40 ans), en annuité 22, avec un taux d'activité et un taux moyen d'activité de 100%; les rachats éventuels ont été effectués le cas échéant; ils ne donnent aucune indication sur les mesures transitoires pour les personnes proches de la retraite qui ont intérêt à s'adresser à leur caisse de pension pour le calcul précis de leur rente future. Ils concernent les enseignants célibataires, mariés et les couples d'enseignants concubins et mariés.

Traitment légal brut : 143 242 F

Traitement net: 121 848 F

Rente CIA (actuelle) pleine: 79 041 F

Rente CPEG (future) pleine: 71 329 F

Rente AVS pleine (célibataire):  27 840 F

1/2 Rente AVS pleine (marié):  20 880 F

Rentes AVS + CPEG en F et % du traitement net (célibataire) : 99 169 F, soit 81%

Rentes AVS + CPEG en F et % du traitement net (marié) : 92 209 F, soit 76%

Rentes AVS et CPEG en F et % du traitement net pour un couple d'enseignants concubins: 198 338 F, soit 81%

Rentes AVS et CPEG en F et % du traitement net pour un couple d'enseignants marié : 184 418 F,    soit 76%

Rappel: le mandat constitutionnel prévoyait que l'AVS et le 2ème pilier devaient couvrir 60% du revenu.

Ces chiffres se passent à ce stade de tout autre commentaire.

D'autres chiffres suivront, pour d'autres catégories de fonctionnaires, afin de donner un tableau complet répondant aux allégations du SSP/VPOD et de ses alliés, le PdT, Solidarités et l'AVIVO. La forme du feuilleton sera peut-être suivie, comme pour les Mystères de Paris... 

14:15 | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook | | | |

01/10/2012

Vol de données: merci à l'UBS !

L'information livrée par l'UBS quant à un récent vol de données ultra-sensibles par un employé frustré du Service suisse de renseignement placé sous la responsabilité du conseiller fédéral Maurer mériterait un triple hourra. Au lieu de cela, silence radio, ou presque, c'est à dire une simple relation des faits.

N'empêche qu'il y a des jours où il faut savoir dire merci. Merci à la Confédération quand elle sauve l'UBS, avec l'appui de la Banque nationale suisse, toutes deux faisant au passage une excellente affaire financière pour le plus grand bien des contribuables.

Mais aussi merci à l'UBS sauvée quand elle vient à la rescousse des intérêts supérieurs du pays en permettant d'épingler un informaticien félon de la Confédération. Car ce dernier, pour de très basses raisons personnelles, se préparait à commettre un forfait aux conséquences encore incalculables avec des données volées dans le cadre de ses activités professionnelles et susceptibles de mettre en danger la sécurité du pays, selon le procureur général de la Confédération. 

Pour le moment, le ministre de la défense se défend de vouloir "installer une culture de la méfiance" et se contente de remercier la chance. On peut toutefois nourrir quelques doutes que pareilles réactions d'Ueli Maurer suffisent à rassurer le citoyen. Une chose est sûre: personne ne l'a jamais entendu prétendre que nous avons le meilleur service de renseignement du monde. Il serait tant d'en réorganiser la sécurité avant qu'il n'en devienne le pire.

17:35 Publié dans Politique, Résistance, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

21/09/2012

Budget genevois pour 2013 : Le Conseil d’Etat préfère la douceur à la rigueur

« Vers un atterrissage en douceur ». Au terme d’une analyse correcte des nuages présents dans le ciel entre Jura et Salève, le Conseil d’Etat genevois baptise ainsi son projet de budget. Il est pourtant marqué par un fort déficit de 278 millions, pour un total de charge de 8 112 millions (+1,8%) et une dette poursuivant une hausse amorcée dès 2010 pour atteindre 11,9 milliards. Alors que la facture annuelle de l’assainissement des caisses de pension – 130 millions – ne commencera à être payée qu’à partir de 2014, le pointillisme des mesures prises pour traduire ses priorités en termes d’actions politiques le dispute à l’absence d’anticipation du prochain défi que le gouvernement devra affronter. Un défi nommé chute, en centaines de millions de francs, de ses recettes fiscales à partir de 2017-2018, conséquence de la réforme forcée par l’UE de la fiscalité des entreprises.

L’exécutif annonce certes son ouverture à toutes mesures d’économies ou de recettes nouvelles que le Grand Conseil pourrait lui proposer. Toutefois, patelin en diable, David Hiler, son ministre des finances sur le départ, évoque d’ores et déjà le recours au frein à l’endettement en 2014, au cas où un déficit marquerait les comptes 2013, après ceux de 2012. Or, le contribuable a tout à craindre de la façon dont les questions lui seront posées. Le principe de précaution impose donc de refuser, en l’état, pareil budget. Précisions.

La douceur se traduit tout d’abord l’incapacité de gouvernement de maintenir l’augmentation des charges en dessous de celle du PIB cantonal. Ou encore par une amélioration de 72 millions seulement (moins de 1% du budget) du déficit prévu par rapport à 2012. A noter que ce calcul fait l’impasse sur la contribution extraordinaire en faveur des caisses publiques de pension (758 millions) qui a pour effet de mettre à mal la réserve conjoncturelle et pour sens de faire bénéficier les seuls fonctionnaires de l’essentiel des surplus comptables dégagés par la bonne marche de l’économie cantonale. Seuls sont épargnés de la politique de douceur les investissements publics, à 526 millions (nets), soit près de 30% en moins qu’en l’année record 2012. L’Université en sera la première victime et les trams auront un garage couvert tout beau tout neuf. Ces symboles sont forts.

Conscient des risques macro-économiques posés par la conjoncture mondiale et notamment européenne, prenant en compte le fléchissement de la croissance de l’économie suisse, le Conseil d’Etat genevois n’en espère pas moins un redressement plus favorable pour le canton en 2013. L’avenir proche dira si les effets de la disparition de Merck Serono ne sera pas aussi accompagnée d’une baisse affectant la marche des affaires chinoises de l’horlogerie locale, sans même évoquer les attaques, pas toujours extérieures, pesant sur le secteur financier. Auquel cas la progression des recettes fiscales (5,5% pour les entreprises, à 1 240 millions, 3,3% pour les personnes physiques, à 3 700 millions) devrait subir une opération jivaro. Pour sa part, le gouvernement annonce d’ores et déjà une appréciation plus réaliste des recette fiscales pour mi-octobre.

Du côté des dépenses, outre un montant de 41 millions affecté notamment aux mécanismes salariaux qui devra faire l’objet d’une attention parcimonieuse et diverses propositions d’économies engendrées par le traitement parlementaire du projet de budget, les priorités mises sur la sécurité et le logement s’imposent, certes. Mais pourquoi donc la politique de l’énergie devrait-elle les dépasser ? Comment expliquer encore à la population qu’aucun effort ne soit fait pour augmenter`de son socle de vingt le nombre d’élèves par classe d’une ou de deux unités, alors que des économies financières en dizaines de millions de francs sont à la clé ?

 

Bref, le temps de reprendre de la hauteur s’impose, en prévision d’un atterrissage que personne ne souhaite d’urgence. En se rappelant que d’un plan financier quadriennal à l’autre, l’année du retour à l’équilibre s’éloigne systématiquement. En septembre 2010, le déficit pour 2013 ne devait être que de 120 millions et l’équilibre atteint en 2014. Trois ans plus tard, il faudra attendre 2016. Sauf nouvelles mauvaises nouvelles…

 

Chronique parue dans l'Agefi du 21 septembre 2012

09:34 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

30/08/2012

Le budget de la Ville de Genève est illégal

La Ville de Genève annonce un déficit de 23 millions pour 2013. Le journaliste de la Tribune était-il subjugué par Sandrine Salerno pour n'avoir pas relevé que les communes sont obligées, heureusement et contrairement au Canton, de respecter le principe et la lettre de l'équilibre budgétaire (Art. 77 de la loi sur l'administration des communes) ? Alors de trois choses l'une. Soit Sandrine Salerno ne connaît pas la loi. Soit elle la foule aux pieds. Soit elle n'a présenté qu'un pré-budget, dans l'attente de nouvelles indications sur les rentrées fiscales venant de l'administration fiscale cantonale, dans ce que l'on pourrait appeler une opération de relations publiques inutile et donc ratée, caramba comandante ! Dans les trois cas, elle donne de la Ville une piètre image. Une image encore noircie par la suppression de postes d'agents municipaux voulus par Pierre Maudet et d'ores et déjà réclamés par Guillaume Barrazzone, le candidat de l'Entente à sa succession. Une decision que l'on peut traduire comme un autre refus de l'ordre.

18:26 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

31/07/2012

Augmenter les taxes universitaires ? Oui, mais avec plus d'audace que ça!

Les écoles polytechniques fédérales (EPF) font face à une insuffisance de moyens en raison, notamment, d'une explosion du nombre d'étudiants (60% de plus en dix ans). Un de leurs dirigeants propose donc (NZZ am Sonntag du 29 juillet 2012) d'y doubler les taxes universitaires en demandant des étudiants 2 600 F, et plus seulement 1 300 F par an, pour y entreprendre leur formation. Avec à la clé une promesse d'affecter ces moyens supplémentaires en faveur des bourses d'études. Reste au conseil des EPF et aux autorités politiques de prendre une décision, dans un domaine où la pusillanimité l'emporte en général à l'aune de l'ancienneté des institutions de formation. 

Cette proposition, dont on admet le bien fondé, frappe pourtant par sa modestie. Doubler les taxes aux EPF n'augmenterait les recettes des polys que de 1%. En effet, elles ne représentent que 30 millions, un montant dérisoire par rapport au total des recettes (2 907 millions en 2010) de ces fleurons de la formation supérieure suisse. Si les EPF ont besoin d'argent, ce n'est donc pas à coup de mesurettes de ce type qu'elles résoudront leurs problèmes financiers. Elles doivent au contraire exiger beaucoup plus des étudiants et, dans le même temps, élargir leur champ de contributeurs. Inutile de préciser que ce qui vaut pour les polys vaut aussi pour la plupart des universités suisses, dont celles de Lausanne et Genève. Dans cette dernière, les taxes, dont sont exemptés un tiers des étudiants, pour des raisons sociales essentiellement, n'ont apporté dans le grand pot des recettes totalisant 746 millions que 11 malheureux millions en 2011.

Certes, la torpeur estivale ne risque guère d'être secouée par cette proposition qui tient en effet plutôt d'un « vésuve » du 1er août. Certains, du côté des associations d'étudiants, s'indigneront par la mise en cause d'un tabou: la formation supérieure fait partie de la démocratisation des études et doit tendre vers la gratuité. Sauf que ce qui est gratuit a quand même un prix. Outre que les diplômes universitaires peuvent rapporter gros, comme le démontrent les recherches en économie de l'éducation. C'est ainsi que rapporté au nombre d'étudiants, y compris de ceux qui vont abandonner en cours de route, la formation coûte près de 50 000 F par an et par étudiant à l'uni de Genève qui en compte 15 000. Nettement moins que dans les polys où ce montant dépasse 120 000 F par an pour chacun de leurs 24 000 étudiants du début de la décennie. Certes, ce calcul a le défaut de ne pas séparer les dépenses pour la recherche et l'administration des dépenses de formation stricto sensu. Sauf qu'il n'y aurait jamais, ou presque, de dépenses pour la recherche fondamentale si les polys et les unis ne formaient pas d'abord des étudiants.

On prend ainsi vite conscience que la contribution de la collectivité, pour l'essentiel, pèse d'un autre poids que l'apport actuel ou potentiel des étudiants. On comprend aussi mieux pourquoi, au passage, dans une université aussi privée et prestigieuse que celle d'Harvard, les taxes y atteignent 36 000 $ pour les études de master ou qu'à la célèbre London School of Economics, il faille y débourser jusqu'à 37 000 £ par an pour un master ou 15 000 £ pour un doctorat si on a le malheur d'y être suisse, c'est-à-dire non membre de l'UE. 

Dès lors donc que les universités et autres institutions de formation supérieure ont besoin de moyens, que les finances de l'Etat ont des limites, que le financement par le secteur privé - encore une hydre pour certains, les mêmes souvent qui refusent la hausse des taxes - est davantage soumis aux aléas de la conjoncture économique, que l'apport des anciens élèves, des alumni, relève plus de l'amicale symbolique que de la réalité anglo-saxonne, que les fonds en faveur de la recherche n'ont pas pour vocation de financer l'enseignement, il s'agit donc d'ouvrir de manière décidée la porte de la hausse des taxes. D'autres exemples suisses plaident en l'occurrence en ce sens. L'université de Lucerne, la plus récente de Suisse, demande 1 600 F par an à ses étudiants résidents, celle de Saint-Gall 2 400 F, et l'USI tessinoise 4 000 F, doublant même la mise pour les étudiants résidant à l'étranger, en fait en Lombardie et Piémont voisins. A Genève l'IHEID, qui est une fondation privée, demande 3 000 F des résidents, 5 000 F des non résidents. Apparemment, ces décisions n'ont pas entraîné de difficultés majeures pour les étudiants de ces institutions. Mieux: elles y auraient attiré des candidats. Le snobisme n'est pas toujours absent de l'esprit des étudiants ou de leurs parents...

Les moyens financiers non plus. Car de deux choses l'une. Soit la hausse des taxes met en péril la poursuite des études d'une large proportion d'étudiants, soit elle est tout à fait absorbable par les milieux des classes moyennes et supérieures dont ils proviennent toujours en majorité. Si la première hypothèse devait s'avérer, une attention particulière, via une augmentation des bourses et prêts d'études s'imposerait. Si la deuxième au contraire devait l'emporter de manière claire, les responsables des EPF et des universités suisses seraient irresponsables de différer une augmentation des taxes, pour autant que l'insuffisance de leurs moyens soit irréfutable. Et que les possibilités d'optimiser leur gestion interne grâce à la mise à contribution de leurs enseignants spécialisés en la matière aient été épuisées. Mais ça, c'est une autre histoire...  

Alors, à quand et où des taxes de l'ordre de 1 000 F... par mois ?

 

13:31 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

10/07/2012

Fusion CIA-CEH: indispensable et responsable

La fusion des deux grandes caisses de pension publique est en bonne voie. Une large majorité l'a adoptée en commission du Grand Conseil. Celui-ci se prononcera à mi-septembre et devrait aussi adopter ce projet de loi. Dès 2014, une caisse regroupant plus de 43 000 foonctionnaires et quelque 20 000 retraités verra le jour. Il était temps.

En effet, la réforme initiée par le Conseil d'Etat est la seule voie praticable pour éviter la liquidation de la CIA, dont le taux de couverture, inférieur à 50% (quand on le calcule avec un taux d'intérêt technique de 3,5%), ne couvre plus ses propres obligations statutaires. Conséquence pratique d'une liquidation: les futurs retraités, dès 2014, ne toucheraient plus, au maximum, que le minimum prévu par la Loi sur la prévoyance professionnelle, soit enviroon 20 000 F par an. Au maximum, on ne le répétera jamais assez, car il n'y a pas de plan B.

Le compromis adopté par la commission des finances du Grand Conseil comporte des aspects très, voire trop généreux, du point de vue du citoyen non fonctionnaire. Il a toutefois le mérite d'exister. Nous y reviendrons encore ici avant le vote de septembre.

Les contribuables, dont les fonctionnaires font partie, mais pour une partie minoritaire de ce corps, doivent toutefois savoir qu'il leur en coûtera lourd de financer cette restructuration dont la mise en oeuvre s'étendra sur 40 ans, jusqu'en 2052. Le coût de la réforme est en effet estimé à 6,8 milliards de francs, trois fois le coût qu'il a fallu pour la BCGe en dix ans. 

Car on peut, on doit aussi voir les choses sous l'oeil du contribuable. Cela correspond ainsi à une mise de fond d'environ 160 000 francs en moyenne sur chaque compte de pension de fonctionnaire actif (non retraité). Ou encore à 35 000 F mis par chaque contribuable pour cette réforme, en moyenne. Or quel est est le contribuable actif du secteur privé dont le compte de retraite est regarni de la sorte? A raison de mille francs par an pendant 40 ans, qui plus est.

Certes, les fonctionnaires devront travailler plus longtemps (jusqu'à 64 ans, mais pas 65 !); ils devront aussi payer davantage et recevront des rentes légèrement diminuées, sauf pour les bas salaires. Mais pour 8 000 d'entre eux, considérés comme exerçant des professions pénibles, la retraite sera avancée à 61 ans. Et pour tous l'Etat - c'est-à-dire nous - payera les deux tiers des cotisations de deuxième pilier.

Et puis, il y a d'autres avantages qui méritent le détour. Par exemple la possibilité d'obtenir des prêts hypothécaires à un taux inférieur à 1/4% à celui de la BCGe. La CIA n'est-elle pas sympathique, sociale et solidaire? (http://www.cia.ch/FIN_PretHypo.php)

Ajoutons, our ceux qui ne l'auraient pas lu dans l'édition papier de la Tribune de ce 10 juillet, les réponses complétées de mon interview:

Pierre Weiss, pourquoi soutenir le projet de réforme des caisse de pension?
Ne pas la soutenir serait irresponsable car la caisse, avec un taux de couverture de moins de 50% de ses obligations, est actuellement, sans révision, en situation de faillite. La retraite des cotisants passerait à 20 000 francs par an en cas d’échec de la révision, soit le minimum légal. Entre deux fois moins qu’actuellement pour les salaires les plus bas et cinq fois moins pour les plus élevés. L’Etat de son côté devrait emprunter d’un coup sept milliards pour assurer le taux de couverture légal de 80%. Cela augmenterait les taux d’intérêt de la dette publique. Ce serait autant de moins pour les prestations à la population. 
 
Pourquoi ne pas augmenter les impôts pour éponger la situation?
La nouvelle caisse coûtera, mis à part le versement initial de 800 millions, 130 millions par an. Les impôts vont augmenter à raison de 70 millions par an pour revenir à l’équilibre budgétaire. Il reste à trouver 60 millions, pas simple quand certains découragent l’arrivée des multinationales et sabotent le secret bancaire... D’autre part, pourquoi le peuple devrait-il payer plus pour soutenir les retraites de personnes dont le salaire médian mensuel est en moyenne de 2000 francs plus élevé que le leur et dont les conditions de retraite sont supérieures aux leurs?
 
Si c’est insoutenable, pourquoi ne pas changer la donne et créer une caisse en primauté de prestation?
Nous avons respecté trois tabous pour avoir une majorité: on ne change pas la répartition des cotisations entre employés et employeurs (1/3; 2/3). On ne touche pas à la primauté des prestations. Ni à la possibilité pour les personnes effectuant des tâches pénibles de partir à la retraite plus tôt; cela concerne de nombreuses catégories dont certaines méritent un examen approndi, comme les gardes-faune dont le travail est estimé plus pénible que celui des infirmiers! Ceci mis à part, nous sommes arrivés à un compromis responsable mais coûteux.
 
Allez-vous faire un pas vers vos contradicteurs?
Non. Toute modification allourdissant le fardeau financier pour l’Etat fragiliserait le projet et donnerait des alliés objectifs à un éventuel référendum du SSP. Nous non plus n’avons pas obtenu tout ce que nous souhaitions, comme la primauté des cotisations justement, ou la réduction du comité de la caisse que nous souhaitions plus drastique.
 
Mais vous avez obtenu des avancées?
Oui. Les augmentation de cotisation au delà du taux prévu de la loi (27%) seraient financées à 50/50 par l'employeur et les fonctionnaires. En cas de réévaluation de fonction, le rattrapage des cotisations sera possible, mais il sera de la seule responsabilité de l'intéressé. 

  

17:56 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

26/06/2012

Election de Maudet: encore un complot des "forces occultes" !

La justice genevoise a tranché. Elle rejette "sèchement", selon la TG, le recours du MCG tendant à invalider l'élection de Pierre Maudet. Et de condamner les requérants, notamment Eric Stauffer et Roger Golay à payer une amende de 1000 francs pour avoir failli à apporter des faits précis et suffisants à l'appui de leur plainte. Cette décision a deux conséquences immédiates. Primo, Pierre Maudet, le grand vainqueur de l'élection populaire partielle au Conseil d'Etat qui a permis au PLR de conserver ses trois sièges, pourra prêter serment ce vendredi 29 juin 2012. Secundo, la manie de persécution et de déni de réalité des dirigeants du MCG risque d'en sortir renforcée.

On avait déjà entendu l'argument des "forces occultes" manipulant la chancellière d'Etat après que le candidat largement battu au Conseil d'Etat Stauffer avait fait la preuve de sa difficulté à mémoriser le nombre de procédures légales le frappant et s'était enferré dans des explications jésuitiques distunguant dettes et actes de défaut de biens. Etonnante, cette mention, pour qui n'a pas vécu l'Occupation ou n'en a pas une connaissance livresque. Car les "forces occultes", c'est notamment le nom d'un film attaquant le parlementarisme, la franc-maçonnerie et les juifs, bref, les acteurs du complot judéo-maçonnique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Forces_occultes).

Or voici déjà l'avocat du candidat battu qui s'est spécialisé en recours sans succès s'étonner de l'argumentation et de la célérité de la justice genevoise. Et de se réserver le droit de "recourir au Tribunal fédéral ou déposer des plaintes pénales". Contre des "forces occultes" ?... Sans le moindre sarcasme, on peine à comprendre comment cet avocat se prête à ce jeu qui, vu de l'extérieur, le dessert en donnant l'impression d'un quérulent prêt à encombrer les prétoires. A moins que le but du MCG ne soit, simplement, de délégitimer aussi la justice, après s'être attaqué aux autres partis, singulièrement au PLR, au parlement dans son entier et in fine au gouvernement.          

17:19 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

22/06/2012

Migros-Coop: pour un repérage sans tabou

En décidant d'inscrire "Cisjordanie - zone de peuplement israélienne" sur les produits qui proviennent de ce territoire occupé-disputé (selon les points de vue), et non pas Israël, Migros et Coop ont cédé -partiellement - au mouvement pro-palestinien BDS (boycott désinvestissement sanctions) qui ne rêve que de la fin de l'Etat d'Israël. Et donc sont entrés nolens volens dans le champ politique sans en mesurer toutes les conséquences. Il est pourtant encore possible que ces distributeurs suisses reviennent ou suspendent ou modifient leur position. Pour les y aider, leurs acheteurs devraient se lancer dans une vaste opération de repérage des produits qu'on y trouve. Sans exception, sans tabou. A l'aune des rapports du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Il y a d'abord tous les produits turcs. Est-on certain qu'ils ne viennent pas du Kurdistan occupé-disputé, comme les pistaches, pour ne prendre que cet exemple ? Les produits chinois, de l'électronique aux habits, qui devraient mentionner, si c'est le cas, le Tibet ou la Mongolie occupée-disputée ou informer sur les conditions de travail et l'âge des ouvriers qui les ont fabriqués. Voilà qui rendrait hommage au principe de traçabilité. Comme pour le pétrole azéri, le nouveau chéri de Migros qui le préfère au pétrole norvégien, alors qu'il est aussi noir que sont peu démocrates les têtes qui règnent à Bakou. Quant aux produits "made in USA", ils sont à orner d'urgence d'une tête de mort, du genre de celle que l'on trouve sur les paquets de cigarette, en raison de la pratique barbare des exécutions capitales dans nombre d'Etats américains.

Mais il y a aussi les produits canadiens et suisses qui font souci, et même grand souci. Ce 21 juin 2012, un expert du Conseil des droits de l'homme de l'ONU a ainsi mis sur le même pied le Canada et la Suisse, l'Algérie, la Biélorussie, l'Etiopie, la Jordanie, la Malaisie et la Russie. Les lois sur les manifestations, restreigant la liberté d'association, adoptées au Québec et à Genève - notamment en raison des violences et des dépradations liées aux réunions à Genève d'organisations internationales - en sont la cause.

De deux choses l'une. Soit cet avis d'expert décrit avec exactitude la réalité vécue des Genevois, dont le canton est assimilé au régime de Lukachenko, le dernier despote européen, soit ce régime n'est pas plus répressif que le canton de Genève. Evitons pour l'heure de penser que cet expert onusien est moins compétent que Jean Ziegler, un autre "mètre" onusien en droits de l'homme, qui ne mesurait pas sa déférence au régime de Khadafi. 

Mais quel que soit le choix (Genève=Minsk ou Minsk=Genève), il est grand temps pour Migros et Coop, en raison du principe de précaution,  d'inscrire sur les produits du terroir genevois "Genève, zone à liberté d'association restreinte". Et d'assurer, la main sur le coeur, qu'il ne s'agit pas là d'une affirmation politiquement connotée, mais juste d'une information d'origine onusienne contrôlée - c'est tout dire.

D'ici à cette décision qui ne serait que logique, ce samedi, o amis consommateurs, notez, notez courageusement, notez sans répit les produits que vous songez peut-être à acheter. Et dans le doute éthique - pas politique , ça va de soi - abstenez-vous de commettre un impair. Ou cherchez un magasin qui vend ses produits sans faire de politique étrangère subliminale ou au contraire qui l'affirme clairement, courageusement, comme les Magasins du monde. Contribuez ainsi à envoyer un message clair à Coop et Migros: l'hypocrisie, l'absence de courage, la politisation rampante sous les bottes du politiquement correct et les doubles standards où il n'y a qu'un seul coupable sur la planète, Israël, ne trompent plus les clients.      

 

  

10:54 | Lien permanent | Commentaires (35) | |  Facebook | | | |

19/06/2012

Michèle Künzler, ou un tramway nommé déraillage

Le tram à Genève a 150 ans. La TG en profite pour en rappeler les hauts-faits dans un supplément (paru le 14 juin) intéressant à plus d'un titre. Il s'en dégage une certitude sur les erreurs du passé, dues à une ignorance de la demande, et une double crainte sur la connaissance de la réalité et sur les visions de la ministre des transports. Une double crainte qu'un nouveau déraillage ne se prépare, mais cette fois-ci à la charge de la collectivité. 

La certitude, c'est que le réseau ultra-développé, "de luxe", des années 1920 a été un fiasco économique et une absurdité sociale. Quinze lignes sur près de 125 kilomètres, d'Hermance à Chancy, ont coûté fort cher à leurs investisseurs privés sans servir à la population, notamment rurale. Tarifs élevés et pertes financières se sont conjugués dans une incohérence ignorante de la demande de transport. Bref, "le réseau suburbain (fut) un échec". La raison en a été, selon Christoph Stucki, ancien directeur des TPG et actuel responsable d'Unireso, la volonté de suivre l'air du temps, la mode. "Mais ils ont fait de mauvais business plans". Seul le soutien de l'Etat aurait pu sauver le réseau d'alors. Le réalisme l'emporta, et petit à petit il périclita avant d'être démantelé. Les contribuables l'échappèrent belle.

Presqu'un siècle plus tard et quelques pages plus loin du même supplément de la TG, voilà que la ministre actuelle des transports du canton entend "ne pas répéter les erreurs du passé et stopper nets les investissements". Alors que l'erreur avait été de trop investir ! Et d'en rajouter: "On a évidemment eu tort de démanteler le réseau de trams genevois, qui était l'un des plus performants d'Europe. S'il était resté en place, nous n'aurions aujourd'hui qu'à le rénover". Pour l'adéquation du réseau, on n'insistera pas sur sa méconnaissance du sujet: Genève n'était pas Berlin ou Milan. Pour la rénovation, on croit rêver. Pour qui se souvient du tram qui traversait Bernex dans toute sa longueur sur une voie unique, pour ne prendre que cet exemple, on ne peut que se demander si la conseillère exerçant la tutelle de l'Etat sur les TPG a perçu la modification du gabarit et de la cadence des trams d'aujourd'hui. Ou comment mieux illustrer la nostalgie romantique de son approche... 

Sauf que cela ne lui suffit pas. La voilà qui méprise "les deux ou trois foyers d'insatisfaction" que sont les habitants des Trois-Chêne et de Carouge souhaitant se rendre sans changement sur l'autre rive, et notamment à la gare. Un réseau complémentaire de bus (avec quel argent?) et le CEVA devraient faire l'affaire pour les Trois-Chêne. Et pour Carouge, le doute quant à la réalité du besoin constitue sa réponse. 

Et si le doute quant à la réalité de la connaissance des faits n'était pas plus à sa place ? A prétendre que le service est meilleur avec le nouveau réseau de trams, elle ne convainc plus personne. Et surtout pas les Genevois, citoyens lambda ou experts. Les notes autour de 4 sur 10 attribuées à sa politique dans un récent dossier de la TG (Tribune du 12 juin 2012) consacré aux transports ne semblent pas encore avoir atteint sa table de travail. Ni le diagnostic impitoyable qu'avait posé Vincent Kaufmann, spécialiste de l'EPFL, sur le nouveau réseau "fait par des ingénieurs pour des ingénieurs", mais pas pour servir la clientèle, maltraitée parce que captive; une situation inacceptable en particulier pour les voyageurs les plus âgés ou les personnes handicapées, mais aussi pour les enfants. Du réseau constellation au réseau consternation, telle était son appréciation il y a six mois (TG du 2 janvier 2012). Une appréciation qui n'a pas perdu une once d'actualité mais est toujours niée par Michèle Künzler.       

A l'heure où le Conseil d'Etat réfléchit à une nouvelle répartition des portefeuilles, on peut se demander si le moment n'est pas venu pour Michèle Künzler de réorienter ses intérêts, par exemple vers la promotion des produits du terroir et la renaturation des cours d'eau, où elle fait objectivement merveille, pour éviter un nouveau déraillage aux TPG. Pour le bien des Genevois qui sont des utilisateurs en puissance de TPG séduisants, contrairement à Curabilis... 

11:50 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

14/06/2012

Merci Sir Henry !

Sir Henry, alias Henry Rappaz, député MCG, collectionne les bourdes. La dernière est la plus grosse. Elle appelle à voter pour son chef afin d'accroître la criminalité et les problèmes à Genève ! Dans un parti normal, il la payerait cher.

Ce triste sire avait déjà dû subir un doublement par ses pairs MCG de la sanction qui lui avait été infligée par le bureau du Grand Conseil en raison de la violation de ses obligations (huit mois d'exclusion des séances de commission, et pas seulement de quatre, pour avoir, en février 2012, envoyé un courrier privé à un prisonnier en utilisant la messagerie du Grand Conseil).

Ce n'était pas la première fois, du reste, que la foudre de l'autorité du Grand Conseil le visait, mais cette personne a de la peine à comprendre les messages; il avait en effet déjà utilisé à tort son adresse de messagerie de député en 2006 et 2007 et été exclu d'une séance parlementaire en 2008 pour avoir tenu, avec son collègue E.S., "des propos inacceptables et injurieux".

Cette fois-ci, le ponte de la TV-MCG publie une annonce dans la Tribune de ce 14 juin 2012 pour "cesser de voter la tête dans un sac offert par les partis de gauche" et voter MCG-UDC. Jusque là, rien que de logique. Sinon le scoop tellurique que le MCG n'est pas de gauche, alors qu'il prétend ne pas être non plus de droite.

L'absence flagrante de logique commence à la lecture des arguments. Car c'est pour avoir PLUS (et non pas moins!!!) de dealers, de drogués, de faux mendiants et de disparitions de PME que les citoyens doivent voter pour le parti de Sir Henry. Pas mal, comme autogoal, en ces temps d'Eurofoot.

Du coup, le MCG, qui a la main lourde comme celle de King Kong, ne peut qu'exlure de toutes les commissions parlementaires, au moins jusqu'à la fin de la législature, pareil traître à son chef. La sentence risque d'être exécutoire dès lundi, après la défaite annoncée du candidat napolitain...

On parie (sur la défaite) ? 

 

15:57 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

11/06/2012

Le chômage des jeunes n’est pas une fatalité

 Aggravation de la crise mondiale de l’emploi des jeunes. En tirant le tocsin d’alarme, l’Organisation mondiale du Travail (OIT) ne fait pas dans la nuance. Les pays développés auraient même engendré « une génération traumatisée de jeunes travailleurs confrontés à un dangereux mélange de chômage élevé, d’inactivité accrue et de travail précaire ». Cette réalité dramatisée justifie, aux yeux des responsables de cette vieille dame parmi les organisations internationales (OI) ayant leur siège à Genève, de mettre ce thème à l’ordre du jour de sa conférence annuelle.

 

Reste à espérer que le résultat des discussions menées par  des délégués représentant tant les gouvernements que les syndicats et les organisations d’employeurs - plus de  3 000 délégués sont réunis en ce mois de juin à Genève – soit à la fois moins apocalyptique et plus pondéré. Par exemple en donnant au « miracle » suisse l’attention qu’il mérite, singulièrement à l’efficacité du système de formation professionnelle qui commence avec l’apprentissage en entreprise, continue avec les écoles et hautes écoles spécialisées (ES et HES) et se termine avec la formation continue.

 

En évaluant le nombre des sans-emploi dans le monde à 200 millions,dans son Rapport sur le travail dans le monde en 2011, en présentant un nouvel index des troubles sociaux pointant sur un risque d’agitation sociale accru dans 45 pays – notamment ceux de l’UE – sur 118 pris en considération, en soulignant l’insatisfaction des travailleurs quant aux emplois qui leur sont proposés, particulièrement en Europe centrale et du sud, le BIT, dans son rôle de messager de nouvelles inquiétantes, trace un cadre général qui exige une réponse des gouvernements comme des partenaires sociaux.

 

Et la première urgence, à ses yeux, concerne la jeunesse. En témoigne le point de départ, sur cette question, de la conférence de l’OIT, La crise de l’emploi des jeunes : il est temps d’agir[1]. Car il en va non seulement de la capacité de l’économie de marché à assurer un futur à la jeunesse, mais aussi de sa crédibilité que trop d’esprits chagrins mettent en cause. Sans savoir comment la remplacer. Ne serait-elle pas, comme la démocratie, le pire de tous les systèmes, à l’exception de tous les autres ?

 

Avec quelque 75 millions de jeunes chômeurs, soit un taux de presque 13% ou encore un jeune sur huit, sans compter ceux que les statistiques ne saisissent plus en raison de leur retrait du marché du travail, l’économie mondiale fait face à un défi considérable. L’Irlande, avec 28% de jeunes chômeurs, l’Espagne où ce taux dépasse officiellement 40%, témoignent du drame vécu par trop de jeunes, souvent formés. D’autant que la proportion des chômeurs de longue durée (plus d’un an) est jusqu’à trois fois plus élevée parmi les jeunes que parmi leurs aînés !

 

Que faire ? D’abord comprendre les raisons de ce chômage. Or les explications sont multiples, et différentes selon que les jeunes sont qualifiés ou non[2]. Ensuite agir. Sur les conditions-cadre de l’économie. Sur le marché du travail. Et, en amont, sur la formation.  Trois dimensions où le cas suisse peut contribuer à rendre le futur moins glauque pour les jeunes.

 

Avec une hausse du nombre d’actifs occupés de 2,6% en 2011, à 4,7 millions de travailleurs, avec 94% des Suisses satisfaits de leur travail et 85% de leur salaire selon un sondage de la télévision alémanique, avec, à fin avril 2012, un taux de chômage de 3,1% pour l’ensemble de sa population active, et même de 3% pour les 16 669 jeunes concernés entre 15 et 24 ans, avec surtout un chômage de longue durée quasi inexistant pour les jeunes (453 cas), la Suisse peut se targuer, en toute modestie, d’une réussite enviable. Mieux : d’un succès qui amène ses représentants à la conférence de l’OIT à parler à l’unisson du sésame de la formation professionnelle.

 

Certes, la recette n’est pas exportable sans conditions. Mais à coup aussi de rigueur, d’effort, bref, de valeurs qui ont fait le succès de ce pays, il y aurait de quoi sortir de leur blues de nombreux jeunes hors des frontières nationales. Et même les rédacteurs des rapports de l’OIT…

(Editorial paru dans Entreprise romande du 9 juin 2012)

 

  

 

 

11:07 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

07/06/2012

Anne Emery et le logement : dogmatisme ou ignorance ?

Le logement préoccupe les Genevois. A juste titre. Mais les connaissances d’Anne Emery en matière de logement devraient les préoccuper aussi. A un titre encore plus important, puisque la candidate socialiste au conseil d’Etat répète, d’interview en article, une erreur qui pourrait coûter cher aux… fonctionnaires comme aux contribuables. Mais aussi à sa réputation de bûcheuse. Manifestement, il y a comme un hiatus entre ce qu’elle avance et la réalité dans un cas aussi précis qu'important. Avis donc aux électeurs et électrices indécis.

Eh oui ! Car à prétendre que le rendement de l’immobilier ne devrait pas dépasser 3,5% voire 4%, dans ses jours de générosité envers les propriétaires de logements locatifs, l’enseignante fait une double démonstration négative. Primo, elle a de la peine à passer de la théorie à la pratique. Secundo, si ses dires s’avéraient, les besoins de financement de la future caisse de pension de la fonction publique genevoise seraient encore plus élevés, au détriment des assurés actuels, dont les rentes futures seraient mises à mal, comme des contribuables, dont les impôts seraient menacés d’une hausse ou les prestations d’une baisse, selon l’antienne que le gauche ne cesse d’entonner.

A cette double démonstration, ajoutons, à titre personnel, un regret à l’égard d’une personne estimable pour son engagement et ses capacités à s’investir dans des causes sociales et au surplus respectueuse, elle, de la démocratie et de ses règles : celui de voir une personne qui se voudrait pragmatique coller au camp des dogmatiques. Un camp qu’un candidat à l’exécutif devrait savoir quitter à temps. Une candidate aussi !

Rappel des faits. Lors de la soirée électorale organisée par la Tribune de Genève le 30 mai 2012, Anne Emery a prétendu que l’Etat devrait  acquérir des terrains pour y construire des immeubles « en fixant des rendements en dessous de 4% », comme n’a pas manqué de le relever le rédacteur en chef de ce journal dans un édito au vitriol titré “Eric Stauffer n’est pas crédible” http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/eric-stauffer-credible/story/17123853.

Dans un article du Temps, la même candidate précise sa pensée en matière de politique du logement, qui tient toujours, pour l'essentiel, en ces deux recettes. Mais les achats se transforment en multiplication des préemptions (à la mode paganesque ?) et la jurisprudence du TF est appelée à la rescousse : « ces règles stipulent que le rendement ne peut excéder que d’un demi-point le taux hypothécaire, ce qui fixe le plafond à 3,5%. Or, dans la pratique, l’Etat accepte du 7% ». Horreur et damnation ! (http://www.letemps.ch/Page/Uuid/405eca84-8996-11e1-af9c-1873ee97b257/Les_socialistes_lancent_leur_assaut_sur_le_gouvernement_genevois)

Ces déclarations amènent à se poser deux questions. La première est celle du taux hypothécaire. Contrairement à la lointaine époque où, comme moi-même, la candidate avait acquis une villa et où l’offre de taux hypothécaires était d’une simplicité biblique, l’époque actuelle se caractérise par une grande variété de taux. Sans entrer dans les détails du libor et des taux variables, retenons simplement que le taux de référence fixé par l'Office fédéral du logement est de 2,5%.

(Voir aussi http://www.bcge.ch/index.php?SubMenu=bcgepratique&label_x=tauxhypo&lang=fr)

 

Mais surtout, il n’est pas du tout interdit d’avoir un rendement supérieur. Ainsi que le rappelle la Cour des comptes dans son rapport consacré à cet aspect controversé de la gestion des caisses de pension publique, le rendement maximum autorisé pour les immeubles subventionnés peut atteindre 5,5%. (Chttp://www.ge.ch/cdc/doc/20120209_rapport_no48.pdf).

Ce qui est supérieur à 4%, aurait dit M. de la Palice, et a fortiori à 3,5%. Mais qui est conforme à la pratique fédérale. Chaque année, en effet, le conseil fédéral fixe le taux de rendement attendu pour la fortune immobilière des caisses de pension privées ou publiques.  

Là où les choses deviennent croquignolesques, c’est quand on essaie d’imaginer les conséquences de la proposition plus théorique on meurt (suffoqué par l’impôt…) de la candidate rose sur le rendement de la fortune des caisses de pension publiques genevoises dont la part immobilière est présentement de 36% soit un gros tiers (3,1 milliard). C’est en effet le seul type d’actifs laissant encore quelque espoir de toucher des rentes décentes aux camarades eux aussi membres de la future caisse publique – ainsi qu’aux non-camarades, car tous les fonctionnaires, loin de là, ne sont plus majoritairement membres du PS, s’ils l’ont jamais été.

 

Pour mémoire non charitable, on rappellera ici que les experts convoqués par l’Etat pronostiquaient encore, pour ne prendre que ces deux ememples, un rendement de 1,9% pour les obligations à dix ans de la Confédération au début de 2011 – le taux d’intérêt est tombé à 0,9% depuis -, et une performance, faite du dividende, des bénéfices et de la valorisation du titre, de 7,5% pour les actions suisses. Sans commentaire.    

 

Or donc, si le rendement de la seule classe d’actifs stables chutait de sa moyenne de 6% atteinte, pendant la période 2000-2010, tant par la CIA que par la CEH à 4% - par égard pour la candidate, on oubliera le taux de 3,5% -, il faudrait tout simplement ajouter 500 millions à la facture pour les contribuables, en raison d’une chute du taux d’intérêt technique (TIT) de 3,5% à 3%. Au minimum.

 

Bof, un demi-milliard quand il faut déjà en payer sept ! Et au point où en sont ces caisses, notamment la CIA, tombée à quelque 45% de couverture (avec un TIT de 3,5%) en ce début de 2012, ce ne serait là qu’un argument supplémentaire pour renoncer à rendre un peu moins insupportable pour l’ensemble de la population une réforme qui lui coûtera au bas mot trois fois ce qu’elle a dû payer pour la faillite de la Banque cantonale, une banque publique faut-il rappeler aux admirateurs-trices de l’ancienne conseillère d’Etat socialiste responsable du dossier à l'époque.  

 

Merci donc à Anne Emery d’annoncer au plus tôt qu’elle renonce à appauvrir les caisses de pension publiques, leurs membres (qui sont des copropriétaires qui s’ignorent des biens immobiliers de la caisse) et les contribuables en acceptant un rendement supérieur à ce que lui dicte une vision dogmatiquement hostile à toute notion économique. Faute avouée est à moitié pardonnée...

 

Mais merci surtout aux électeurs de voter pour Pierre Maudet qui, lui, préfère laisser l’Etat dans son rôle de régulateur et fait confiance au marché privé du logement pour construire, dès lors que la rémunération est adéquate. Voilà ce que c'est que d'être réellement pragmatique dans les faits, et pas dans des slogans qui n'engagent que ceux qui y portent crédit.

 

16:04 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

26/04/2012

Serono : éviter la sclérose

La condamnation à mort du siège de Serono par  le groupe allemand Merck ne doit pas être uniquement l’avant-goût amer de menaces aggravées pour le canton de Genève et, plus largement, pour le secteur pharmaceutique suisse. Menaces aggravées par l’impéritie absolue de politiciens au mieux rêveurs de lendemains qui chantent pour les emplois publics, au pire tueurs de la poule aux œufs d’or fiscaux.

 

Le temps est donc venu d’ouvrir avec eux un dialogue sans concession sur la croissance, sur les conditions-cadre dont doivent bénéficier les entreprises. Dialogue aussi sur les conséquences pour l’Etat-providence de leur disparition.

 

Mais une stratégie défensive ne saurait suffire. Il s’agit aussi de favoriser les centres d’excellence en termes de formation comme d’incubation d’entreprise créatrices de nouveaux produits. Il en va des emplois et des richesses dont Genève et tout l’arc lémanique auront besoin demain. Bref, il faut mettre en œuvre dans sa double nature l’économie de marché, cette « destruction créatrice de richesses », selon la formule de l’économiste autrichien Schumpeter[1].

 

Certes, à Darmsadt, siège de la plus vieille « pharma » au monde fondée en 1668, la décision de fermer d’ici à la fin du premier semestre 2013 le siège de la filiale Serono ne fait pas les grands titres des medias hessois, pas même de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, l’équivalent outre-Rhin de la NZZ. Et pour le groupe Merck qui compte 40 000 emplois dans le monde, il s’agit d’une restructuration comme il y en a eu et en aura d’autres[2], impliquant 500 suppressions d’emplois et 750 délocalisations. « Business as usual ».

 

Mais à Genève, cette distance est irresponsable, compte tenu des destins individuels et familiaux en jeu comme des conséquences pour le canton. D’ailleurs, la fin de l’ère Serono dépasse l’entreprise. Selon des estimations concordantes, un emploi dans le secteur pharmaceutique en crée trois autour de lui ; le total des postes de travail menacés dans l’économie locale pourrait donc exploser jusqu’à 5000, à mettre en rapport des 12 000 chômeurs cantonaux de mars 2012. De plus, aux pertes fiscales directes, de l’ordre d’au moins 50 millions pour le canton et la Ville, il faudra aussi ajouter les indirectes ; un doublement de la facture collective, de l’ordre de cent millions, n’est pas irréaliste si tous ces contribuables disparaissaient.   

 

Présentée comme le plus grand licenciement collectif de l’histoire du canton, la fin de Serono peut préfigurer la fin d’un rêve, celui d’une croissance sans fin, malgré ses nuisances, qui a créé 44 000 emplois en dix ans dans ce canton.

 

Elle peut aussi être l’occasion d’un sursaut « durable et solidaire » pour préparer la transition vers l’éclosion d’entreprises générant de nouvelles richesses. A condition d’être patient, jusqu’au jour du retour sur investissement, et surtout raisonnable, compte tenu des menaces planant sur d’autres pans de l’économie suisse et encore plus genevoise, tel le secteur financier. Là aussi, le futur exigera efforts et solidarité.  

(editorial d'Entreprise romande du 27 avril 2012)



[1] Pour preuve, l’évolution du « top 10 » des multinationales du canton entre 1995 et 2010 : le total des postes de travail y passe de 3760 à 10940, quatre groupes financiers y apparaissent, des industries informatiques en disparaissent et Procter & Gamble en devient le vaisseau-amiral avec près de 3000 emplois.  

[2] Au demeurant, cette décision fait partie d’un programme global de restructuration, annoncé en février 2012 ; celui-ci répond aux modifications du marché, et notamment à une concurrence féroce, et permettra de croître ailleurs pour produire des médicaments utiles à la santé des malades, la fonction première de l’entreprise.Voir http://www.merckserono.com/corp.merckserono_2011/en/images/20120423_Press_Release_e_tcm1494_92226.pdf.

16:19 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

20/04/2012

Mariage CIA-CEH: l’heure de vérité ne sonnera pas deux fois

Le déni de réalité, la résistance au changement et l’incohérence morale n’épargnent pas les organes de certaines caisses de pension publiques. L’exemple de Genève est patent, car c’est le pire de Suisse[1]. Le taux de capitalisation y est en effet, à la fin du premier trimestre 2012, inférieur à 50% (calculé sur la base d’un taux technique de 3,5%) pour la CIA, la caisse des fonctionnaires cantonaux promise à un mariage coûteux avec la CEH, la caisse des établissements hospitaliers. D’où un besoin de réforme passant par des adaptations du système des retraites. La recapitalisation envisagée, s’étalant jusqu’en 2050, a un coût qui dépasse désormais six milliards, soit un montant égal au triple de l’effort collectif pour le sauvetage de la banque cantonale !

 

A défaut, le bailli fédéral serait appelé à intervenir, en application directe de la législation sur la prévoyance professionnelle. Adieu alors retraites généreuses naguère présentées pour compenser des rémunérations inférieures à celles du secteur privé, une thèse qui ne vaut plus, globalement, que pour les fonctions de cadre. Et bonjour mesures d’assainissement douloureuses.

 

Le déni de réalité n’est pas le moindre défaut qui a tétanisé les responsables genevois. Critiques et scepticisme se sont alliés pour s’opposer à la réforme du financement des institutions de prévoyance de droit public, singulièrement de leur taux de couverture désormais fixé à 80%. Or, le 1er janvier 2014, toutes les caisses publiques suisses, sans possibilité de « Genfereien », devront être conformes aux exigences fédérales. Au passage, on peut se poser la question de la responsabilité des organes genevois de ces caisses dans le coût du retard, pour l’assuré comme pour le contribuable, à prendre les mesures indispensables.

 

La résistance au changement n’a pas manqué non plus. Sa forme la plus aiguë se manifeste encore dans l’opposition à adapter des paramètres essentiels de la réforme en cours d’examen parlementaire. C’est ainsi que le taux de couverture n’est toujours pas calculé en appliquant le taux technique conseillé par la Chambre suisse des actuaires conseils. Là aussi, l’heure de vérité sonnera quand il s’agira de calculer le bilan d’entrée de la nouvelle caisse commune.

 

Une autre rupture doit intervenir. Elle concerne la croissance du poids financier de l’Etat. Partisans d’une linéarité sans faille, la gauche poursuit l’objectif d’une progression quantitative des effectifs de la fonction publique. Elle néglige deux dimensions : des salaires inconnus dans d’autres cantons et l’augmentation de la productivité du monde des services qui ne doit pas épargner les secteurs de l’enseignement et de la santé. Leur prise en compte peut amener à stabiliser et la masse salariale, et des effectifs qui regroupent, dans le canton de Genève, quelque 43 000 assurés. Dont seule une minorité n’est pas citoyenne…

 

L’incohérence morale est la pire des dérives à laquelle ce débat a permis d’assister. Depuis des lustres, des responsables de caisse de pension publiques, notamment romandes, ont vanté les mérites de l’investissement éthique. Or les voilà aujourd’hui contraints à quémander l’aide de la collectivité pour échapper à une réduction des prestations pour leurs assurés.

 

Du coup, ils avouent une double faiblesse. Par rapport aux caisses de pension alémaniques, autrement gérées. Par rapport aux contribuables frappés d’une double peine quand ils appartiennent au secteur privé. Outre le fait que la moyenne salariale de ces derniers n’est pas de 9000 francs, à la différence des collaborateurs de l’administration cantonale genevoise, ils sont souvent contraints de contribuer à l’adaptation de leurs propres retraites, et désormais à l’assainissement de celles des collaborateurs de la fonction publique. A Genève, ce sont près de 120 000 francs qui devront être versés sur le compte de chacun des quelque 43 000 collaborateurs de la fonction publique et assimilés. De quoi inciter à la retenue les assurés du secteur public. Et à la réflexion les contribuables du secteur privé, dont une majorité est citoyenne…  

 

Chronique parue dans l'Agefi du 20.04.2012

 

 

11:57 | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | |

24/02/2012

Cadre frontalier, la nouvelle chimère

Les Hôpitaux universitaires genevois (HUG) comptent trop de cadres soignants frontaliers (110 sur 165), peu au fait de la mentalité et des réalités cantonales, à en croire leur directeur général. Un rééquilibrage au profit des résidents, à compétences égales, est dorénavant nécessaire. A noter qu’aux HUG, 21% des 1407 cadres moyens et supérieurs sont frontaliers.  

 

Cette déclaration explosive reflète peut-être une situation particulière à cette entreprise ; à cet égard, une évaluation factuelle ne manquera pas d’être exigée des autorités. Mais elle révèle au moins autant une préoccupation électoraliste. Car le terreau est fertile où de plus en plus d’acteurs politiques, inégalement préoccupés en paroles ou dans les faits par le respect du droit et des Accords bilatéraux, se disputent un électorat réticent à la présence des frontaliers, voire carrément xénophobe.   

 

Ce message renvoie pour l’heure à une analyse à froid de la présence des cadres frontaliers dans l’économie suisse et particulièrement genevoise, et d’abord au comportement des employeurs. Un comportement que certains voient rationnel, à la recherche du meilleur mélange de compétences professionnelles, d’appétence au travail, voire de connaissance du terroir – une forme d’obstacle non technique aux échanges, en langage « omcéen ».

 

Mais d’autres soupçonnent des responsables du personnel de préférence sinon antinationale, du moins pro-frontalière, surtout si ces derniers sont eux-mêmes frontaliers. A souligner qu’il n’existe pas, à cet égard, d’études scientifiques probantes. Pour autant, il ne faut pas exclure des comportements irresponsables. Une chose est certaine : une politique basée sur des quotas ou, pire encore, sur des pratiques discriminatoires n’est pas acceptable, que les victimes soient frontalières, étrangères ou suisses.

 

Sur le plan suisse, depuis la mise en œuvre des Accords bilatéraux (2002-2011), le pourcentage d’augmentation est de 10% pour la population active in toto, soit 403 000 travailleurs ; c’est le double de l’évolution connue dans la décennie précédente. Si la population active progresse, celle des cadres dirigeants, qui passent de 250 000 à 337 000 (+35%), augmente plus fortement ; cette « montée en présence » est faite pour moitié de Suisses, pour l’autre d’étrangers. Quant aux cadres dirigeants frontaliers, non compris dans les chiffres précédents, ils explosent de 6 490 unités, à 16295 (+65%).

 

En d’autres termes, la progression des cadres dirigeants suisses augmente, celle des étrangers la dépasse, celle des frontaliers est encore plus forte, autant d’effets relatifs de l’ouverture comme de la croissance de l’économie exploités par certains à des fins protectionnistes ou malthusiennes.

 

En revanche, les chiffres absolus permettent une appréciation plus mesurée : en 2011, sur 353 000 cadres dirigeants, frontaliers compris, les Suisses sont 251 000, soit 73% ; pour l’ensemble de la population active résidente et non-résidente, ils en représentent quasiment le même pourcentage. Bref, dans un pays où plus de sept travailleurs sur dix et plus de sept cadres dirigeants sur dix sont suisses, parler d’invasion de cadres étrangers ou frontaliers tient de l’abus de langage. Surtout si ce haut de la gamme des emplois témoigne de son intégration aux us et coutumes locaux.

 

Sur le plan cantonal genevois, le constat de l’Observatoire statistique transfrontalier est encore plus précieux[1]. Analysant la période 2000-2008 qui inclut la rupture induite par les Accords bilatéraux, il conclut « à un développement des postes à hauts salaires dans certaines branches, occupés surtout par des titulaires d’une autorisation de séjour, mais aussi d’un permis d’établissement, bien avant les salariés suisses. Si des frontaliers viennent également occuper de tels postes, ils sont plutôt l’exception ». Pour caricaturer, les traders viennent de Londres, pas d’Annecy. En revanche, à l’autre extrémité des rémunérations, « beaucoup de frontaliers arrivés entre 2000 et 2008 », car l’« accroissement de leur effectif (est) concentré, pour l’essentiel, parmi les bas salaires ».  

 

Bref, sauf à penser que ces chiffres sont faux, que l’échelle des salaires ne reflète pas celle des responsabilités ou encore que la situation a dramatiquement changé depuis 2009, les critiques genevois de la présence des frontaliers poursuivent globalement une chimère en s’attaquant aux cadres frontaliers. Même si le cas est intéressant pour les psychiatres des HUG...

(Chronique parue dans l'Agefi du 24 février 2012)

11:00 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

09/02/2012

Caisses de pension publique : la Cour n’a pas fait tous les comptes

 L’audit de la Cour des comptes sur la gestion du parc immobilier des deux caisses de pension publiques cantonales, la CIA et la CEH, est plus intéressant par ce qu’il ne dévoile pas que par ce qu’il présente (http://www.ge.ch/cdc/doc/20120209_rapport_no48.pdf). Et qui a malheureusement pour effet de relativiser une des conclusions du rapport.

 

Cette faiblesse, qui certes n’était pas au cœur du mandat de la Cour, mais apparaît toutefois à l’évidence à sa lecture, consiste à nimber de brouillard la proportion de locataires des deux caisses membres de la fonction publique. Non pas qu’il y ait le moindre problème à ce que ces caisses de pension privilégient leurs propres membres dans l’octroi des 9693 baux correspondant aux appartements qu’elles gèrent. Mais parce que la transparence doit régner quand ces mêmes caisses, fortes de 43 000 membres actifs, retraités exclus, viennent demander du contribuable qu’il les renfloue pour plus de 4 milliards. Ce qui revient à exiger des contribuables quelque 100 000 F par fonctionnaire ou assimilé !

 

Peu de chiffres suffisent à poser le problème. Selon la Cour des Comptes qui reprend sans les vérifier – absence de mandat excuse - les affirmations de la CEH et de la CIA, les membres de la CEH représenteraient 32% de tous ses locataires à la fin de 2010. Quant à la CIA, le pourcentage serait de 30% à la même époque. Deux pourcentages quasiment équivalents. Sauf que la méthode d’attribution est fondamentalement différente : la CEH admet donner une préférence à ses membres alors que la CIA prétend ne pas faire de favoritisme.

 

La quasi équivalence éclate toutefois quand la Cour des comptes vérifie sur un « échantillon aléatoire », concernant la seule CEH, le pourcentage de membres de la caisse. Outre que l’échantillon est statistiquement pour le moins réduit (20 attributions de logement s’étalant de juillet 2010 à juin 2011), il apparaît que 17 attributions concernent ses membres. Soit 85% !

 

Un minimum d’attention à la différence grossière d’avec le pourcentage (32%) figurant dans le rapport de gestion aurait exigé, à défaut d’un échantillon plus large, une note de prudence. Mais rien de tel.

 

Une préférence qui passe de 32% à 85% au sein de la CEH, une équivalence de résultats (32% et 30%) fondée sur une différence de méthode d’attribution entre la CEH et la CIA, voilà qui est bien curieux. Et qui suscite plus que de la curiosité de la part du citoyen, n’est-il pas vrai ?

 

Surtout quand il est prétendu, en conclusion du rapport de la Cour, que « le rendement n’est pas péjoré (sic !) par la quote-part des locataires membres de la CIA ou de la CEH puisque ces deniers ne bénéficient d’aucun avantage en matière de fixation de loyer ». Certes. Mais ils bénéficient d’un avantage sérieux en matière d’attribution d’appartement.

 

Car la CEH ne peut prétendre attribuer 32% à ses membres quand la Cour en trouve 85% (avec un échantillon d’une taille qui n’autorise pas le calcul de pourcentage mais exige d’être augmenté, répétons-le). Et la CIA ne peut prétendre ne pas octroyer de faveur à ses membres si les pourcentages donnés par ces deux caisses (30% et 32%) correspondent à la réalité.

 

Bref, des calculs à reprendre ailleurs. Par exemple à la commission des finances du Grand Conseil, par le plus grand des hasards…

16:49 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |